Fermer

Faites un don pour soutenir Global Voices !

Nous couvrons 167 pays. Nous traduisons en 35 langues. Nous sommes Global Voices.

Notre réseau compte plus de 800 membres dans le monde entier et nous travaillons ensemble pour veiller sur les réseaux sociaux et publier des informations difficiles à trouver dans les médias traditionnels. Mais nous ne pouvons pas le faire tout à fait seuls. Nos auteurs et traducteurs sont bénévoles, mais nous rémunérons nos éditeurs. Nous faisons appel à vos dons pour couvrir les salaires de notre rédaction centrale, les frais techniques, la formation de nouveaux blogueurs et nos projets pour défendre les libertés numériques.Merci !

>> Dons »
GlobalVoices en En savoir plus »

Guinée-Bissau : le blog “La dictature du consensus” et la tentation d'Aly pour la dénonciation

António Aly Silva - Ditadura do Consenso

[Liens en portugais] António Aly Silva représente le côté le plus visible et le plus actif de la blogosphère en Guinée-Bissau. Il anime le blog Ditadura do Consenso depuis 2004. Après une pause en 2007, au cours de laquelle il a troqué le média citoyen pour les toiles et les pinceaux, à partir de 2008, son blog “n'a plus cessé”. Aly s'est armé d'un ordinateur portable et dit que désormais “il n'y a plus d'horaire pour bloguer. Quelque chose se passe, Ditadura do Consenso en entend parler, se fait confirmer auprès d'une ou deux sources, et informe. Simple et direct. Et efficace.”

Souvent cité sur d'autres blogs, Aly reconnait que “celui qui part en guerre donne des coups et en reçoit” et admet que ce qui s'écrit sur lui est habituellement si déprimant qu'il préfère en rire. Même dans ces conditions, il considère qu'il a “plus donné que reçu”, défendant toujours l'idée que “la dignité d'une personne peut être attaquée, vandalisée, cruellement tournée en ridicule, mais elle ne peut pas lui être retirée, à moins qu'elle-même n'y renonce”.

Global Voices a essayé de savoir ce que cela signifie d'être un blogueur subversif en Guinée-Bissau.

Global Voices : Le blog Ditadura do Consenso est clairement une arme de protestation. Que prétend-il combattre ? L'approche choisie est-elle efficace ou dangereuse ?

António Aly Silva: Costumo dizer a brincar que o meu blog é uma arma de destruição em massa! E também que a internet é “pior do que os comunistas”… A verdade é que o meu blog é mesmo para protestar contra tudo o que mexe. Desde que mexa mal… o título surgiu-me do nada, acho que a ler um jornal. A Guiné-Bissau não vive numa ditadura – isto é o que mais faltava! – mas parece haver um consenso na forma como os guineenses encaram a maneira de quem neles manda. Mandar – isto na sua singela maneira de ver – é força e não autoridade. Qualquer um que manda, tem força, e muitos que têm autoridade, não mandam nada. É estranho, mas é assim por cá. Mas também – ou talvez – por isso, o blog tem sido uma arma bastante eficiente. É claro que não substitui a Justiça, mas levou já muita gente à barra da justiça. De uma assentada, num dos casos por mim relatado, foram cerca de 25 para a prisão. E durante um bom período de tempo.

En plaisantant, j'ai l'habitude de dire que mon blog est une arme de destruction massive ! Et aussi qu'internet est “pire que les communistes”… La vérité, c'est que mon blog est fait pour protester contre tout ce qui bouge. A partir du moment où ça bouge mal… Le titre m'est venu comme ça, en lisant un journal je crois. La Guinée-Bissau ne vit pas sous le joug d'une dictature – il ne manquerait plus que ça ! – mais il semble y avoir un consensus quant à la manière qu'ont les Guinéens de considérer ceux qui les gouvernent. Gouverner -selon leur candide manière de voir – c'est faire preuve de force, pas d'autorité. N'importe quel gouvernant dispose de la puissance, et beaucoup, parmi ceux qui ont l'autorité, ne gouvernent rien. C'est étrange mais c'est comme ça par ici. Mais aussi – ou peut-être – grâce à ça, le blog a été une arme plutôt efficace. Il est clair qu'il ne remplace pas la justice, mais il a déjà amené beaucoup de gens devant la justice. D'un seul coup, dans un des cas que j'ai relaté, ce furent quelques 25 personnes qui ont fini en prison. Et pour un bon moment.

GV : Selon un billet paru en septembre, il y a des jours où le blog enregistre plus de 3000 visites. D'où viennent donc ces visiteurs ? Quels sont les thèmes qui attirent leur attention ?

AAS: Sim. Curiosamente, fui pela primeira vez ver as estatísticas a semana que passou. E isto porque um amigo perguntou-me «ouve lá, tens tido muitas visitas ao blog?». E, pela primeira vez desde 2004 (!) fui ver as estatísticas: o mínimo diário ultrapassa as 2.500 visitas. As pessoas aqui são coscuvilheiras, o meio é pequeno. Nos cafés, de manhã, não se fala de mais nada: é política, política e mais política. À tardinha, idem aspas. Este vai cair, aquele foi admitido, fulano foi preso, coisas assim. Houve entretanto posts que motivaram uma grande correria ao blog. Por exemplo, aquando dos assassinatos do Chefe do Estado-Maior General das Forças Armadas, Tagmé Na Waié e do Presidente ‘Nino’ Vieira, ultrapassou mesmo a fasquia das 8.000 visitas. Em Bissau, toda a gente andava com as notícias do blog impressas. Eu ‘andava’ de mão em mão. Era um pouco assustador ‘ver-me’ em todo o lado. Mas habituamo-nos. Modéstia à parte, acho que o meu blog é o mais visitado desta sub-região. Disso não tenho dúvidas.

Oui. Curieusement, je suis allé, pour la première fois, voir les statistiques la semaine dernière. Parce qu'un ami m'avait demandé : “Écoute, il y a beaucoup de visites sur ton blog ?” Et, pour la première fois depuis 2004 (!), je suis allé voir les statistiques : le minimum quotidien dépasse les 2500 visites. Les gens ici sont un peu cancaniers, c'est un moyen limité. Dans les cafés, le matin, on ne parle de rien d'autre : c'est politique, politique et encore politique. L'après-midi, pareil. Celui-ci va tomber, celui-là a été promu, machin est en prison, des trucs comme ça. Il y a cependant eu des billets qui ont provoqué une véritable ruée sur le blog. Par exemple, à l'occasion de l’ assassinat du chef d'état-major des armées, Tagmé Na Waié et du Président ‘Nino’ Vieira, on a réellement dépassé les 8 000 visites. A Bissau, tout le monde circulaient avec, à la main, les billets du blog imprimés. Je ‘circulais’ de mains en mains. C'était un peu terrifiant de ‘me voir’ de tous côtés. Mais on s'habitue. Modestie à part, je crois que mon blog est le plus visité dans la sous-région. Cela ne fait aucun doute.
Blog Ditadura do Consenso

Le blog Ditadura do Consenso

GV : Souvent, les visiteurs eux-mêmes deviennent auteurs sur  Ditadura do Consenso, au moyen de billets de blogueurs ‘invités’ que tu publies. Comment s'établissent ces liens ?

AAS: Publico certas cartas. Contudo, não permito comentários no blog. A ideia nunca foi banalizar, mas sim encontrar um equilíbrio. Prefiro assumir, sozinho, as responsabilidades por tudo quanto ali é publicado. Criar um blog é fácil, geri-lo é mais complicado. Parecendo que não, exige tempo mas isso é coisa que por cá não falta. A brincar digo a amigos: «Os europeus têm relógio, nós temos tempo!» Outro exemplo: chego a receber e-mail’s de pessoas a queixarem-se-me por «não publicar nada», ou por «estar dois/três dias sem nada postar. Não tens esse direito!» – veja só. Uns manifestam preocupação pela minha segurança, outros aconselham-me a «sair do País» por quererem continuar a ler-me todas as manhãs. Para mim, é bastante, reconfortante.

Je publie certains articles. Malgré tout, les commentaires ne sont pas autorisés sur le blog. L'idée n'a jamais été de banaliser, mais plutôt de trouver un équilibre. Je préfère assumer, tout seul, la responsabilité de tout ce qui y est publié. Créer un blog, c'est facile, le gérer, c'est plus compliqué. Sans en avoir l'air, cela exige du temps mais, ici, ça n'est pas ce qui manque. En rigolant, je dis à mes amis : «Les Européens ont une montre, nous avons du temps !» Un autre exemple : je reçois même des e-mails de gens qui se plaignent du fait que je «n'ai rien publié», ou «de ne rien avoir publié depuis deux/trois jours. vous n'en avez pas le droit !» – voyez-vous ça. Certains se font du souci pour ma sécurité, d'autres me conseillent de “sortir du pays” pour la simple raison qu'ils veulent continuer à me lire tous les matins. Pour moi, c'est suffisamment réconfortant.

GV : Les citoyens de Guinée-Bissau sont donc déjà dans “l'arène” en ligne ?

AAS: Na Guiné-Bissau, muita gente acede à internet. Muito mais do que se pensa. Olhe, a Guiné-Bissau ocupa orgulhosamente a segunda posição dos países onde o meu blog é mais consultado. E isso para mim é uma boa notícia. É prata, mas é uma medalha… Se, a exemplo de Cabo Verde, instalarmos a internet sem fios em certos pontos da cidade, gratuitamente, muitas mais pessoas acederão. A diáspora, por seu lado e até por causa dos meios de que dispõe, acede em maior número mas ainda assim ligeiramente. A diáspora, sobretudo a guineense, é saudosista. O apego à terra, por parte do guineense que está fora, é formidável. Extraordinário mesmo.

En Guinée-Bissau, beaucoup de gens ont accès à internet. Beaucoup plus qu'on ne le pense. Regardez, la Guinée-Bissau occupe fièrement la deuxième position des pays où mon blog est le plus consulté. Et ça, pour moi, c'est une bonne nouvelle. C'est de l'argent, mais c'est une médaille… Si, à l'exemple du Cap Vert, on installait des bornes Wi-Fi en certains endroits de la ville, gratuitement, beaucoup plus de gens pourrait y accéder. De son côté, la diaspora, en raison des moyens dont elle dispose, accède en plus grand nombre et en plus haut débit. La diaspora, surtout la diaspora guinéenne, est très nostalgique. Le lien à la terre, de la part des Guinéens qui sont à l'étranger, est formidable. Vraiment extraordinaire.

GV : Penses-tu que le choix de la langue portugaise permette d'atteindre plus de gens ou qu'elle pourrait être un obstacle à la diffusion de ce que tu dénonces ?

AAS: Nunca aventei sequer a hipótese de escrever noutra língua que não a portuguesa. Eu faço jornalismo, e, até por causa dos termos técnicos, é-me muito mais fácil expressar na língua de Camões. A verdade é que tenho chegado a muita gente, os números provam-no. E as denúncias que faço são geralmente bem acolhidas. Sabe, as pessoas, particularmente cá na Guiné-Bissau, estão já fartas de bandidos e de gente que mal faz a este povo. Não sabem é desenvencilhar-se. Acomodaram-se. Sofrem no silêncio e na escuridão das suas casas.

Je n'ai jamais imaginé écrire dans une autre langue que le portugais. Je fais du journalisme, et à cause justement des termes techniques, il m'est beaucoup plus facile de m'exprimer dans la langue de Camões. La vérité, c'est que j'arrive à atteindre beaucoup de gens, et les chiffres le prouvent. Et les dénonciations que je fais sont en général, bien reçues. Vous savez, les gens, spécialement ici en Guinée-Bissau, n'en peuvent plus des bandits et des personnes qui font du mal au peuple. Ils ne savent pas se débrouiller. Ils se sont habitués. Ils souffrent dans le silence et l'obscurité de leurs maisons.

GVO: Tu publies souvent des billets en forme de ‘lettres ouvertes’ adressées à des entités gouvernementales, manière d'exposer des problématiques sociales et politiques qui existent dans le pays mais aussi en dehors, avec vos compatriotes, comme cela s'est passé avec la dénonciation du cas des étudiants guinéens en situation précaire en Russie. Le dialogue est-il possible par la suite?

AAS: Tenho publicado várias que já lhes perdi a conta. O diálogo – palavra cara por cá… – às vezes acontece, sim. O caso dos estudantes na Rússia é um exemplo recente. O Estado da Guiné-Bissau mexeu-se, mas só mostrou parte da cara…os cidadãos anónimos deram então o exemplo. Da Suíça alguém pediu o contacto e prometeu reunir os guineenses para ajudar. Mesmo na Rússia, colegas da Universidade e de várias nacionalidades, juntaram-se para ajudar no regresso. Várias vezes, no Parlamento, o meu blog é citado. Nas esferas de decisão é obviamente consultado, e nos ministérios então é tema de conversa manhã cedo. Todos os dias. O bom é que as pessoas cumprimentam-me na rua, dão apertos de mãos, beijinhos. Chego a parecer uma estrela de rock! E como a minha vida às vezes é uma seca, ajuda…

J'en ai tellement publié que j'en ai perdu le compte. Le dialogue – entre quat'z-yeux… – est parfois possible. Le cas des étudiants en Russie en est un exemple récent. L'état de Guinée-Bissau s'est bougé, mais n'a montré qu'une partie de son visage… les citoyens anonymes ont alors montré l'exemple. De Suisse, quelqu'un a demandé les coordonnées et promis de rassembler les Guinéens (NdT: de suisse) pour donner un coup de main. Même en Russie, des collègues de l'université et de plusieurs nationalités se sont unis pour les aider à rentrer au pays. Mon blog est souvent cité au Parlement. Il est logiquement consulté dans les sphères de décisions, et dans les ministères alors, c'est le thème des conversation matinales. Tous les jours. Le côté positif c'est que les gens me disent bonjour dans la rue, me serrent la main, m'embrassent. On dirait une star du rock ! Et comme de temps en temps, ma vie est un désert, ça aide…

GVO: De quelle façon la blogosphère de Guinée-Bissau tient-elle un rôle actif et pertinent à l'occasion des multiples coups d'état de ces dernières années?

AAS: Há poucos blog por cá, acho. O meu é obviamente o mais conhecido, até porque é dos primeiros e sobretudo por se revelar crítico do sistema. De todos os sistemas que funcionam mal, bem entendido. Acompanhei muito de perto os assassinatos do ex-Chefe de Estado-Maior General das Forças Armadas, Verissímo Seabra, e do Coronel Domingos Barros; o mundo todo ligou-se ao meu blog quando o Presidente ‘Nino’ Vieira foi assassinado; alertei para o levantamento militar – tornado ‘incidente’ – do 1 de Abril. Tudo o que aconteceu neste País nos últimos 4 anos – vitórias e derrotas, tragédias também, surgiram no meu blog. Com nomes e rostos.

Il y a peu de blogs ici, je trouve. Le mien est indiscutablement le plus connu, déjà parce qu'il fut l'un des premiers et ensuite parce qu'il se montre critique envers le système. De tous les systèmes qui fonctionnent mal, bien entendu. J'ai suivi de très près les assassinats de l'ex-chef d'état-major des armées, Verissímo Seabra, et du Colonel Domingos Barros;  le monde entier s'est connecté à mon blog quand le Président ‘Nino’ Vieira a été assassiné ; j'ai mis en garde contre le soulèvement militaire – transformé en ‘incident’ – du 1er avril. Tout ce qui s'est passé dans ce pays au cours des 4 dernières années – victoires et défaites, tragédies aussi – est paru sur mon blog. Avec les noms et les visages.
Ditadura do Consenso no New York Times 2009

Le bog Ditadura do Consenso cité par le New York Times

GVO: Beaucoup de tes lecteurs te recommandent de prendre toutes les précautions quant à ce que tu publies. Tu considères que la liberté d'expression existe en Guinée-Bissau ?

AAS: Os meus leitores – sobretudo os seguidores – são uns queridos. Preocupam-se mesmo e eu agradeço-lhes por isso. Contudo, há que ressalvar isto: ninguém está seguro aqui, neste País. Nin-guém! A liberdade de expressão, quando não existe…tem que se impôr! Não podem prender toda a gente até porque não têm prisões para tal. Resta-lhes tentar controlar que o documento tal não venha a público, que é o mesmo que dizer que ‘não vá parar ao Ditadura do Consenso'. Mas há sempre um ou outro documento que sai por portas e travessas e acaba publicado. Às vezes é engraçado e tem a sua piada. Outras já não é bem assim. Quando te sentes perseguido, ou te ‘visitam’ de madrugada chegas a pensar se valerá mesmo a pena continuar. Mas, se quer mesmo saber, eu acho que tudo vale a pena se tentarmos. Não é por acaso que tenho muito em conta esta citação, de Oscar Wilde: “A única maneira de nos livrarmos da tentação é ceder-lhe.”

Mes lecteurs – surtout les ‘followers’ – sont des amis. Ils se font réellement du souci pour moi et je les en remercie. Malgré tout, il faut prendre conscience de ça : personne n'est en sécurité, ici, dans ce pays. Per-sonne! La liberté d'expression, quand elle n'existe pas… il faut l'imposer ! Ils ne peuvent pas mettre tout le monde en prison parce qu'ils n'ont pas suffisamment de places pour ça. Il ne leur reste qu'à essayer de contrôler que le document ‘X’ ne tombe pas dans le domaine public, ce qui revient au même que de dire qu'il ‘ne paraisse pas sur Ditadura do Consenso‘. Mais il y a toujours un document ou un autre qui arrive à sortir par les portes ou les fenêtres et qui parvient à être publié. Parfois, c'est drôle et circulent alors des bonnes blagues. Pour d'autres, ça ne se passe pas exactement comme ça. Quand tu te sens suivi, ou que tu es ‘visité’ en pleine nuit, tu te demandes si ça vaut vraiment la peine de continuer. Mais si vous voulez vraiment savoir, je pense que tout vaut la peine, il suffit d'essayer. Ce n'est pas un hasard si j'ai beaucoup de considération pour cette citation d'Oscar Wilde : “La seule manière de nous délivrer de la tentation c'est de lui succomber.”

Note biographique: C'est pendant la guerre civile de 1998/99 en Guinée-Bissau que António Aly Silva, journaliste professionnel, a commencé à se faire remarquer sur le conflit politico-militaire qui se déroulait alors dans le pays, en tant que correspondant en Europe, pour plusieurs journaux et radios. Au Portugal, il a travaillé pour les hebdomadaires O Independente et Visão, et il a fondé, à Lisbonne le bi-mensuel «Lusófono», pour les journaux nationaux des PALOP. Il est aussi l'auteur de plusieurs reportages réalisés au Zimbabwe, en Sierra-Leone et en Guinée-Bissau.

1 commentaire

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

 

Régions du monde

Pays

Langues