Fermer

Faites un don pour soutenir Global Voices !

Nous couvrons 167 pays. Nous traduisons en 35 langues. Nous sommes Global Voices.

Notre réseau compte plus de 800 membres dans le monde entier et nous travaillons ensemble pour veiller sur les réseaux sociaux et publier des informations difficiles à trouver dans les médias traditionnels. Mais nous ne pouvons pas le faire tout à fait seuls. Nos auteurs et traducteurs sont bénévoles, mais nous rémunérons nos éditeurs. Nous faisons appel à vos dons pour couvrir les salaires de notre rédaction centrale, les frais techniques, la formation de nouveaux blogueurs et nos projets pour défendre les libertés numériques.Merci !

>> Dons »
GlobalVoices en En savoir plus »

Portugal : les citoyens portugais dialoguent avec les Islandais sur la démocratie

Cette page fait partie de notre dossier central l'Europe en crise.

En avril dernier, la même semaine [en anglais] vit l'annonce par l'ancien Premier Ministre du Portugal, Jose Socrates, de la nécessité d'un plan de sauvetage économique international pour payer une dette publique s'élevant à 80 milliards d'euros, et le rejet par les urnes en Islande de la participation des contribuables au plan de sauvetage de la banque “Icesave”.

Bien que la pratique de la démocratie directe, la renonciation aux plans de sauvetage internationaux et la reprise économique de l'Islande en deux ans n'aient pas été adéquatement couvertes par les médias portugais traditionnels, les blogueurs se livrent à leurs analyses et y trouvent une source d'inspiration.

Reykjavik Protest, 2008. Photo by Kristine Lowe on Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Manifestation à Reykjavik, 2008. Photo de Kristine Lowe sur Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Clavis Prophetarum [pseudonyme], du blog Quintus, explique pourquoi [en portugais] il pense que “la courageuse résistance [de l'Islande] face au complexe politico-financier qui dirige actuellement l'Union Européenne de façon adémocratique” est en butte à l'indifférence  :

A opção islandesa não serviu os interesses dos bancos europeus, logo estes têm todo o interesse em que se não fale dela nem que esta possível via chegue aos ouvidos dos cidadãos.

Quando em 2007, a Islândia foi o primeiro país europeus a soçobrar perante a crise mundial, declarando bancarrota por causa da falência do seu maior banco muitos desconsideraram o impacto de tal crise alegando que se tratava apenas de um pequeno país com pouco mais de meio milhão de habitantes e que seria facilmente “socorrido” por um empréstimo do FMI. O problema foi que na Islândia a “ajuda” do FMI foi levada a referendo e… derrotada.

L'alternative islandaise ne sert pas les intérêts des banques européennes, qui ont par conséquent intérêt à ne pas la mettre en avant, et à faire en sorte que la possibilité de cette solution ne parvienne jamais aux oreilles des citoyens.

Quand, en 2007, l'Islande fut le premier pays européen à s'enfoncer dans la crise économique mondiale en déclarant faillite à cause de l'effondrement de sa plus grosse banque, beaucoup de gens ont sous-estimé l'impact de cette crise et prétendu que ce n'était qu'un petit pays de tout juste 500 000 habitants et qu'il serait facilement “remis sur pied” par un prêt du FMI. Le problème, c'est que cette “aide” du FMI a été soumise à référendum et…refusée.

Il ajoute qu'au Portugal aussi, “la solution à la crise actuelle ne peut se baser sur dix ans de restrictions budgétaires draconiennes pour sauvegarder les banques qui nous ont prêté de l'argent avidement et sans souci des conséquences”.

La tenue d'un scrutin national n'est qu'une des “leçons” [en portugais] que le Portugal et les autres pays européens ont à prendre de l'Islande, selon le site d'information en ligne [en portugais]. Les citoyens ont également organisé des sit-ins devant le Parlement pour demander la démission du gouvernement conservateur, attaqué en justice les responsables de la crise – y compris l'ancien Premier Ministre Geir Haarde dont le procès a commencé le 5 septembre -, et une nouvelle Constitution participative est en cours d'élaboration.

“Pensez-vous que nous devrions faire la même chose que vous, ici au Portugal?”

Dans une vidéo de Miguel Marques, un gr e citoyens portugais interrogent les Islandais sur leur mobilisation sociale :

Comment les syndicats islandais ont-ils pris position, se plaçant en tant qu'acteurs des mouvements de résistance à la crise de la dette en Islande et dans toute l'Europe ? (…)

Comment vous organisez-vous pour créer un meilleur avenir pour les Islandais ?

(…) Que se passe-t-il maintenant? Quelles actions continuez-vous à mener? Quels sont vos combats et pour quoi pensez-vous qu'il vaille la peine de se battre (par exemple, pour la Constitution) ? Votre Constitution prévoit-elle vraiment la séparation des pouvoirs économique, politique et religieux? Comment pensez-vous que cela sera utile? A quels changements souhaiteriez-vous voir la Constitution contribuer ? (…)

Que faites-vous maintenant ? Les mouvements populaires…se réunissent-ils toujours? Etes-vous organisés en petits groupes ? Les gens sont-ils divisés à l'instar des quatre personnes élues ? Avez-vous de petits groupes d'intérêt ?

(…) Que ce soit vous en Europe, ou nous ici au sud, si seulement nous pouvions trouver un moyen de nous rassembler et de comprendre les déficiences de l'ensemble du système, du système capitaliste bien sûr. Comment pouvons-nous véritablement établir un réseau d'entraide au sein duquel nous pourrions proposer un système complètement nouveau pour l'Europe et même ailleurs? En avant, les Islandais!

Pour Miguel Madeira, du blog Vias de Facto [en portugais], “le succès relatif de l'Islande doit plus à la mobilisation populaire qu'aux ‘nouveaux gouvernements'”. Dans un commentaire sur ce billet [en portugais], Fernando Ribeiro commence par mettre en exergue le fait que l'Islande n'a pas eu besoin de passer par des “affrontements violents” et estime que même si “en Grèce, en Irlande et au Portugal, la classe politique n'a pas consulté – et ne consultera pas – les électeurs qu'elle représente pour prendre des décisions aussi importantes que le recours à l'aide européenne”, il est néanmoins important de :

requerer abertamente mais democracia na hora das tomadas de decisão fundamentais, e ultrapassar o argumento caduco da democracia liberal em que a democracia representativa funciona assim mesmo.

demander ouvertement plus de démocratie au moment de la prise de décisions fondamentales, et de passer outre l'argument caduque de la démocratie libérale qui consiste à dire que c'est justement ainsi que fonctionne la démocratie représentative.

Les Islandais exigent non seulement plus de démocratie, mais participent aussi à “l'avènement de la démocratie participative par excellence (…), la démocratie 2.0″, grâce à une nouvelle constitution crowdsourcée qui sera débatue au Parlement en octobre [en anglais]. Paula Thomaz, de Carta Capital, résume ce processus [en portugais]:

a discussão para a nova [constituição] islandesa se dá através de vídeos do Youtube em tempo real, que mostram os debates do Conselho; fotos no Flickr; pequenas frases no Twitter; no site oficial dos temas (em islandês e em inglês); e no Facebook é que as ideias estão abertas para discussão.

la discussion autour de la nouvelle [constitution] islandaise se passe en temps réel à travers des vidéos YouTube, qui montrent les débats du Conseil; des photos sur Flickr; de courtes phrases sur Twitter; le site officiel de ces thématiques (en islandais et en anglais) ; et sur Facebook, où les idées sont ouvertes à la discussion.

Pour conclure une analyse poussée de la réponse de l'Islande face à la crise, l'ingénieur fonctionnaire Fernando Gouveia a écrit un billet d'opinion [en portugais] initialement publié sur le site Noticias do Douro et qui a depuis été partagé en ligne à maintes reprises :

Se isto servir para esclarecer uma única pessoa que seja deste pobre país aqui plantado no fundo da Europa, que por cá anda sem eira nem beira ao sabor dos acordos milionários que os seus governantes acertam com o capital internacional, e onde os seus cidadãos passam fome para que as contas dos corruptos se encham até abarrotar, já posso dar por bem empregue o tempo que levei a escrever este artigo.

Si cela sert à éclairer la lanterne d'au moins une personne dans ce pauvre pays perdu au fin fond de l'Europe, où l'on déambule sans le sou, incapables de goûter aux accords de millions d'euros que nos gouvernants signent avec le grand capital, et où les citoyens sont affamés pour mieux remplir à ras bord les comptes des corrompus, je pourrai considérer comme bien employé le temps passé à écrire cet article .

Cette page fait partie de notre dossier l'Europe en crise.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

 

Régions du monde

Pays

Langues