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Ethiopie : La maltraitance envers une employée de maison au Liban soulève l'indignation

Une séquence vidéo filmée par un téléphone portable montre une employée de maison éthiopienne battue et traînée de force dans une voiture, sous l'oeil des badauds, à la sortie du Consulat d'Ethiopie à Beyrouth, au Liban. Ce film a provoqué la colère des internautes éthiopiens.

La vidéo montre la jeune femme allongée sur le dos au bord de la rue et entourée des auteurs des mauvais traitements qui parlent en arabe. On voit l'un d'entre eux la tirer par les bras et les cheveux. Elle résiste et dit en langue amharique : “Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller”.

Immédiatement, les internautes éthiopiens ont laissé des centaines de commentaires sur YouTube. De nombreux internautes ont diffusé la vidéo  sur leurs pages Facebook, le réseau social le plus fréquenté d'Ethiopie, qui à leur tour ont généré des centaines de commentaires. Le silence des Libanais qui se trouvaient de l'autre côté de la route et, encore plus grave, la passivité des membres du consulat d'Ethiopie, ne faisant pas un geste pour protéger la jeune fille des ses agresseurs, ont provoqué la colère de nombreux Ethiopiens.

Beaucoup d'internautes ont exprimé leur colère à l'égard des agresseurs en les traitant d'”arabes” et de “musulmans”.

Le commentaire de fisu2011 sur YouTube précise :

Il faut aller regarder cette séquence vidéo de “traitements barbares au Liban” contre une femme éthiopienne sans défense. Quelqu'un doit payer pour ce crime un jour ou l'autre. Honte à vous Libanais et arabes barbares. J'espère qu'une fois la Syrie débarrassée de Bachar Al Assad, le Liban sera nettoyé par les Israélites. Les Ethiopiens qui ont vu cette vidéo n'oublieront jamais cette brutalité et se vengeront un jour ou l'autre.

L'échange de commentaires est devenu hostile à la culture arabe et aux musulmans. Un commentaire en particulier fait la remarque suivante :

Ce n'est rien en comparaison de ce que de nombreux arabes font subir à la plupart des travailleurs immigrés. J'ai personnellement assisté à des maltraitances terribles pouvant aller jusqu'à la mort, subies par des femmes éthiopiennes.  En tant qu'Ethiopien, je plains mes soeurs et en tant qu'être humain je ne peux m'empêcher de détester les arabes et leur culture barbare…on peut me traiter de raciste ou d'ignorant mais c'est un fait… ils sont le mal…

Malgré tout, les échanges contiennent aussi des points de vue d’Éthiopiens plus modérés qui demandent aux Éthiopiens d'éviter les stéréotypes et de réfléchir par leurs propres moyens.  mamelo4us par exemple  dit :

Je ne suis pas arabe, je suis Ethiopien comme vous et fier d'être musulman. Si vous réfléchissiez un peu, vous ne condamneriez pas tous les arabes pour ce qui est arrivé à notre soeur. Les brutes, les fous et les criminels n'ont pas de religion, pas de race ni de couleur, on les trouve dans le monde entier et on doit les combattre en tant que personnes et non pour leur race, leur religion ou la société à laquelle ils appartiennent. Je suis sûr que votre commentaire n'est pas le reflet de ce que pensent tous les Éthiopiens, parce que les Éthiopiens font la différence entre une personne et une société. Ils assignent les criminels en justice.

 

Ali Mahfouz - the man seen in the video abusing the Ethiopian domestic worker. Photo courtesy of http://www.lbcgroup.tv/.

Ali Mahfouz – l'homme vu dans la vidéo en train d'agresser une domestique éthiopienne . Photo diffusée par http://www.lbcgroup.tv/, reproduite avec autorisation

Sur sa page Facebook, Mahlet Solomon, un leader d'opinion important en Ethiopie, écrit :

Je ne veux pas diffuser la vidéo de l'employée de maison éthiopienne kidnappée en face de l'ambassade d'Ethiopie au Liban. Je ne veux pas la diffuser parce que je suis fatigué de cette question triviale :  pourquoi les éthiopiens souffrent-ils partout dans le monde ? Et parce que je ne peux rien y faire ou parce que j'ai essayé, tandis qu'un père (un blanc américain) avec le désir de donner à son fils un monde meilleur mène une guerre en Ouganda pour amener Joseph Kony devant la justice, avec une détermination que rien n'arrête.

Il faut arrêter de se mettre des limites qui nous restreignent, il faut arrêter. Nos espoirs ne devraient pas non plus être limités, ils ne devraient pas.  Et  même s'ils le sont nous devrions dépasser nos limites, oui nous devrions les dépasser. Nous devons seulement commencer à penser. PENSER !!!

Le blog de De Birahan fait état des atteintes aux droits humains dans le pays d'une manière exhaustive :

Les employés de maison éthiopiens sont dans la majorité des cas des femmes qui viennent de zones rurales pour travailler dans des maisons en ville. Elles vivent chez leurs employeurs qui les logent, les nourrissent et leur paient un salaire de misère en échange de leurs services. Bien souvent, elles font la cuisine, le ménage, la lessive et toutes les tâches ménagères ; elles gardent aussi la maison et sont parfois employées comme nourrices. Bien qu'il existe une relation symbiotique entre l'employeur et la domestique, la complexité de ces relations dénote plutôt un féodalisme et un élitisme. Certains rétorqueront que les employées de maison éthiopiennes qui émigrent dans les pays arabes sont encore plus maltraitées et qu'il est donc préférable qu'elles restent ici. Non, “l'injustice reste l'injustice partout”, et dans la majorité des pays du Moyen-Orient les employées de maison éthiopiennes ne comptent pas leurs heures de travail, sept jours sur sept, sans vacances ou quelques rares journées, sans recours légal en cas de désaccord avec leur employeur. Bien souvent, les employées de maison mangent les restes ou se cuisinent des plats différents en qualité et en quantité de ceux du reste de la famille. Elles dorment dans une chambre à l'écart de la maison principale (chambre de service). La plupart du temps, les très jeunes employées de maison qui viennent de zones rurales pour se former et aider leurs familles doivent suivre des cours du soir (si on les y autorise). Elles sont contraintes à avoir des rapports sexuels ou violées par les hommes de la maison (mari, fils, famille).

Malgré le nombre important des employés de maison éthiopiens qui ont afflué dans les pays du Moyen-Orient, le gouvernement éthiopien n'a pas pris des mesures notables pour protéger les citoyens éthiopiens qui font l'objet de terribles abus au Moyen Orient. Les réseaux sociaux restent le seul moyen pour les Ethiopiens d'exprimer leurs points de vue et leurs opinions sur les conditions de vie de ces employés de maison.

LBCI a identifié l'homme que l'on voit sur la vidéo, Ali Mahfouz, grâce à sa plaque d'immatriculation.

L'année dernière, des Éthiopiens ont organisé une campagne pour demander justice sur les réseaux sociaux, quand un journaliste de CNN, Dan Rivers, a révélé la terrible maltraitance subie par Shweya Mullah, sévèrement blessée. L'épouse du fils de Khadafi lui avait versé de l'eau bouillante sur tout le corps, sous  prétexte qu'elle ne parvenait pas à calmer un enfant qui pleurait.

 

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