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Gambie : Augmentation soudaine des exécutions capitales

La peine de mort avait été abolie en Gambie en 1993. Yaya Jammeh, arrivé au pouvoir par  un coup d'État le 22 juillet 1994 l'a rétablie deux ans plus tard par décret. L'augmentation soudaine des exécutions capitales ces derniers mois et les déclarations du président Jammeh inquiètent les citoyens gambiens et les voisins de la Gambie.

Sur le blog Assirou.net un billet Le nettoyage macabre de Yahya Jammeh nous relate comment le monde a eu vent des exécutions en Gambie :

Le 20 août, dans une adresse à la Nation diffusée en boucle, le croque-mort gambien déclarait vouloir rayer de la liste des vivants, d’ici le milieu du mois de septembre, tous les condamnés à la peine capitale [D’après un décompte de l’AFP, depuis juillet 2010, 47 personnes au total ont été condamnées à mort dans le pays.]. Argument de cette subite poussée de fièvre présidentielle: il n’est pas question que le gouvernement «permette que 99% de la population soit prise en otage par des criminels».

Le Président de Gambie Yahya Jammeh par John Armagh sur wikipédia – license gratuite de documantation GNU

Devant le tollé international que cette déclaration suscite, il a semblé un temps que le dictateur gambien allait reculer comme nous pouvons le lire sur DiasporaNews dans un billet intitule Gambie : Banjul parle de «dérapage verbal» et de «mauvaise interprétation» :

L’ambassadeur de Gambie au Sénégal … aurait fait état d’une «mauvaise interprétation de (ses) propos» par les opposants et par la presse. Et dans «le pire des cas», aurait-il ajouté, il s’agirait d’un «dérapage verbal» qui ne portera à aucune conséquence.

Pourtant deux jours plus tard, le 23 aout, alors qu’il n’y avait pas eu d’exécutions dans le pays depuis un quart de siècle, les exécutions de neuf condamnés à mort parmi lesquels deux Sénégalais (dont une femme) étaient annoncées à la stupeur générale.

Vidéo de Jammeh par l'utilisateur YouTube 112233444821 qui explique l'éxécution des sentences capitales

Enfin, le 21 septembre au titre des récentes exécutions : Jammeh rompt le silence :

Semblant dans une bulle, Yaya Jammeh n’avait pas juge nécessaire de répondre a toutes les attaques dirigées contre son pays et ses pratiques.

Le marché de Serekunda par Ikiwaner sur Wikipédia sous license creative commons

Senego.compoursuit :

Yahya Jammeh a profité de l’audience qu’il a accordée à ses compatriotes venus labourer ses champs à Kanilaï, pour leur expliquer les raisons pour lesquelles il a fait exécuter les neuf prisonniers condamnés à mort avant de leur demander leur position par rapport au débat soulevé.

« Je travaille pour vous et même si je dois mourir pour vous, je le ferai. Je ne vais jamais succomber à la pression humaine, mais si vous le peuple gambien me suppliez d’arrêter les exécutions, je vais les suspendre parce que tout ce que je fais je le fais pour votre intérêt.

Si je dois signer dix mille condamnations à mort pour sauver 1,6 million de Gambiens, je le ferais. Si un pays a un citoyen en Gambie et ne veut pas qu’il soit exécuté, qu’il ne laisse pas tuer quelqu’un en territoire gambien. Je vais mourir pour l’Afrique », a martelé le dirigeant gambien »

Le 20 octobre, soit un mois plus tard Senego.com nous apprend que 4 détenus décèdent [et qu’il doit s’agir] de la nouvelle méthode pour exécuter les condamnés à mort.

Ce même week-end nous apprenons qu’est prononcée la peine de mort définitive pour sept détenus, dont d’anciens militaires
Voici une vidéo de tfm sur YouTube qui présente une des victimes éxécutées, Tabara Samb:

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