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Made in Libya: Le blogueur Ahmed Ben Wafaa

Ahmed Ben Wafaa est un professeur de sciences qui a commencé à bloguer en 2000, afin de s'exprimer sur l'état des choses dans son pays et à travers son blog “Made in Libya” [en arabe] il avait réussi à devenir une source d'information au cours de la révolution libyenne.

Sur son blog, Ahmed se présente, comme suit :

اسمي أحمد علي بن وفاء ، ليبي ، ولدت بقرية “أبوروية” في مدينة مصراته سنة 1981، أحمل شهادة بكالوريوس من كلية العلوم (قسم علوم الحياة). عندي شغف كبير بالتدوين – لكنه الكسل!

Mon nom est Ahmed Ben Wafaa. Je suis libyen. Je suis né dans le village de Aburuya à Misratah en 1981. Je détiens un baccalauréat universitaire de la Faculté des sciences (Département Sciences de la vie). Je suis un amateur passionné des médias sociaux, mais c'est la paresse [qui m'empêche de bloguer plus].

L'auteur a interrogé Ahmed à la suite de nombreuses tentatives pour contacter des blogueurs libyens en raison de la faiblesse des moyens de communication en Libye aujourd'hui. Il lui a fallu un mois pour répondre, parce qu'il n'était pas en mesure d'avoir accès à une bonne connexion Internet, dit-il.

Photo de Ahmed publiée sur son blog “Made in Libya”.

GV: Quand avez-vous commencé vos activités sur Internet et qu'est-ce qui vous a attiré dans la blogosphère ?

أحمد بن وفاء: بدايتي مع الإنترنت كانت عام 2000، وقتها كان التدوين العربي يتعثر في خطواته الأولى، وقد أعجبتني فكرة أن يكون للمرء صفحة خاصة – خلال بضع دقائق – يعبر فيها عن أفكاره واهتماماته المختلفة (سياسية، تقنية، فنية الخ) بحرية، بعيداً عن جمود واحتكار وسائل النشر التقليدية.

Ahmed: Mon histoire avec Internet remonte à 2000. À l'époque, les blogs dans le monde arabe étaient encore à leurs premiers pas. J'ai aimé l'idée d'avoir ma page personnelle et où je pouvais exprimer mes idées et mes divers intérêts (politique, technique, artistique …) librement, loin du monopole des médias traditionnels.

GV: Pouvez-vous m'en dire un peu plus sur les dangers auxquels s'exposaient les blogueurs libyens sous l'ancien régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi ?

أحمد بن وفاء: كان التدوين عن السياسة أمراً شبه مستحيل لأن أي انتقاد تفسره الأجهزة الأمنية – ضيقة الأفق – كتهجم على رأس النظام (القذافي شخصياً) فيتم قمعه بشكل فوري، ومازلت أذكر ما تعرض له الصحفي ضيف الغزال عام 2005 حين كتب مقالاً على الانترنت ينتقد فيه الفساد والقمع الذي يتعرض له المواطن، فتم اختطافه وعثر على جثته لاحقاً وعليها آثار التعذيب (ومبتورة الأصابع) في إشارة واضحة لا تحتاج إلى تعليق!

Ahmed: Bloguer à propos de politique était une chose presque impossible, car toute critique était interprétée par la vision étroite de l'appareil de sécurité comme une atteinte à la tête du régime (de Kadhafi en personne) et se heurtait à une répression immédiate. Je me souviens encore ce que le journaliste Daïf el-Ghazal, a encouru en 2005 quand il a écrit un article sur Internet dénonçant la corruption et l'oppression rencontrées par la population. Il a été enlevé et son corps a été retrouvé plus tard avec des traces de torture (doigts coupés) dans un état qui se passait de commentaire.

GV: Tout le monde sait que le manque de liberté en Libye et l'interdiction aux chaînes étrangères d'entrer dans le pays, ont fait que les blogueurs constituaient la plus importante source d'information au cours de la révolution libyenne. Pourriez-vous nous parler des expériences qui illustrent cette réalité?

أحمد بن وفاء: بصراحة لم يكن للمدونات دور كبير أثناء الثورة لأسباب كثيرة ربما من ضمنها خشية المدون من اكتشاف هويته من قبل النظام، فلجأ معظمهم للكتابة بأسماء مستعارة والانتقال لمخاطبة الشريحة الأكبر التي تستخدم فيسبوك بالإضافة لسرعة انتقال المعلومات هناك وسهولة مشاركتها، وأذكر أنه في يناير الماضي قام بزيارتي صحفي اسمه عبد الله السالمي من قسم (BBC Monitoring) -وهو قسم مهتم بالحصول على الأخبار من مصادر إعلام المواطن كالمدونات وتويتر وغيرها – وأخبرني أن مدونتي كانت ضمن 3 مدونات ليبية كانوا يحرصون على زيارتها بشكل يومي أثناء الثورة الليبية، وأعتقد أن عدد المدونات النشطة أثناء الثورة لم يتجاوز 10 مدونات (من داخل البلاد).
وقد كانت مهمتنا في غاية الصعوبة بسبب سيطرة النظام على قطاع الإنترنت بشكل كامل وقيامه بقطعه على كامل البلاد بعد وقت قصير من اندلاع الثورة! مما جعل من دخولنا للانترنت (عبر وسائل بديلة) في غاية الصعوبة، بالإضافة لانشاء مخابرات النظام ما يسمى “بالجيش الالكتروني” الذي كان مهمته حجب واختراق المواقع وصفحات فيسبوك المؤيدة للثورة.

Ahmed: Honnêtement, les blogs n'avaient pas un rôle tellement grand pendant la révolution pour de nombreuses raisons, comme, par exemple, la peur des blogueurs que leur identité soit découverte par le régime. Ainsi, la plupart d'entre eux utilisaient de faux noms ou s'adressaient le plus souvent aux utilisateurs de Facebook, en plus de la vitesse de transfert des informations sur cette plate-forme et la facilité de les partager.

Je me souviens qu'en janvier dernier, j'ai eu la visite d'un journaliste-chercheur de la BBC (un département qui recherche des informations à travers les médias citoyens comme les blogs, Twitter et plus), Abdullah Al Salemi, qui m'avait dit que mon blog était parmi les trois blogs libyens qu'il visitait sur une base quotidienne au cours de la révolution libyenne.

Mais je pense que les blogs qui étaient actifs pendant la révolution ne dépassaient pas 10 (à l'intérieur du pays) et notre mission était vraiment très difficile parce que le régime avait un monopole et un contrôle complets sur Internet et il l'avait bloqué peu après le début du soulèvement. Cela a rendu notre accès au réseau (par d'autres moyens) très difficile, en plus de la création par le service de renseignements du régime de ce qu'on appelait “l'armée électronique” qui était chargée de pirater les sites sociaux et les pages de Facebook qui soutenaient la révolution.

GV: Le régime de Kadhafi est tombé ainsi que la dictature. La situation a-t-elle changé? Les bloggeurs sont-ils plus en sécurité maintenant en Libye ou bien il y a encore des lignes rouges et des tabous qui ne doivent pas être franchis?

أحمد بن وفاء: لم تعد هناك خطوط حمراء أو تابوهات، وأصبح انتقاد الحكومة والسخرية منها بالكاريكاتير أو المقال أمراً عادياً، لكن الكاتب بات يخشى عمليات الانتقام الفردية بسبب عدم تشكل الجيش واستتباب الأمن في البلاد بشكل كامل وانتشار السلاح.

Ahmed: Il n'existe plus de lignes rouges ni de tabous. Critiquer et se moquer du gouvernement par des dessins satiriques ou des articles est quelque chose de tout à fait ordinaire maintenant. Mais les auteurs craignent maintenant des représailles individuelles parce qu'il n'y a toujours pas d'armée ni de forces de forces de sécurité déployées dans tout le pays et il y a encore des armes un peu partout.

GV: Comment percevez-vous l'avenir des médias et blogs citoyens en Libye?

أحمد بن وفاء: متفاءل طبعاً، فقبل حقبة القذافي كان الدستور يكفل حرية التعبير وكانت تجرى سجالات فكرية ساخنة في عشرات الصحف اليومية قبل أن يختزلها القذافي في بضع صحفحكومية بائسة لا يشتريها أحد.

Ahmed: Je suis optimiste, bien sûr, parce qu'avant Kadhafi la constitution garantissait la liberté d'expression et il y avait d'intenses débats dans les journaux sur une base quotidienne avant que Kadhafi ne mette un terme à tout cela pour créer des journaux publics que personne n'achetait.

Vous pouvez aussi suivre Ahmed sur Twitter ou Facebook.

2 commentaires

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