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Espagne : De Twitter au commissariat pour avoir cité Antonio Gramsci

[Les liens de ce billet renvoient vers des pages web en espagnol, sauf mention contraire.]

Une internaute, activiste du mouvement 15M, @almu_en_lucha, a été appelée à déposer devant la brigade des délits technologiques de la police espagnole au sujet du contenu de certains de ses tweets. Elle l’a annoncé avant d’entrer faire sa déposition :

@almu_en_lucha : Sur le point de faire ma déposition à propos du contenu de certains de mes tweets.

Deux heures plus tard, elle écrivait :

@almu_en_lucha : Je viens de sortir. Ils m’accusent d’écrire des tweets violents. C’était tellement ridicule, ils m’ont présenté par exemple des citations de Gramsci !

Comme elle l’explique, cette activiste connue est accusée par la police d’utiliser les réseaux sociaux pour partager des messages violents. Parmi les tweets considérés comme tel : des citations d’Antonio Gramsci, célèbre philosophe, journaliste et théoricien marxiste italien [FR] du début du 20e siècle.

Antonio Gramsci

Antonio Gramsci

Le journaliste Joaquín Estefanía, directeur de l’école de journalisme de la Universidad Autónoma de Madrid, écrivait en 2010, dans un article consacré au philosophe italien :

Fernández Buey termine le prologue de Lettres de prison par ces mots : « Mais il peut être lu comme un classique. Et les lettres qu’il a écrites depuis la prison, comme un document historique de la tragédie du communisme du 20e siècle, comme le témoignage d’une résistance qui durant des décennies à fait de beaucoup des hommes meilleurs. Comme une page du livre blanc d’un idéal. »

Quelques minutes après les tweets de l’accusée, l’effet redouté d’Internet, appelé effet Streisand [FR], prenait le contre-pied de l’action policière. En effet, les internautes n’ont pas tardé à dénoncer la tentative de violation de la liberté d’expression et d’intimidation des activistes. Le mot-clic #Gramsci s’est placé parmi les sujets les plus discutés à l’échelle internationale. Cette affaire n’est pas sans rappeler le jour où les médias annonçaient la capture de deux responsables du collectif Anonymous en Espagne, attirant des réactions moqueuses.

@manelmarquez : Lisez ! Instruisez-vous ! Antonio #GRAMSCI (1891-1937) Lettres de prison : http://www.rebeldemule.org/foro/biblioteca/tema7891.html Grâce à  @almu_en_lucha nous récupérons la mémoire.
@robertolpzdmz : Si cette histoire fait connaître et donne envie de lire Antonio #Gramsci a quelqu’un, elle a du bon. Le régime s’est tiré dans le pied.
 ‏@Anon_Info_Ops : Nous sommes solidaires de @almu_en_lucha, appelée à déclarer devant le gouvernement espagnol pour avoir tweeté des citations de #Gramsci
@SpainRevolt : @almu_en_lucha et #Gramsci c’est toujours la même histoire, il y a les gens qui lisent et ceux qui ne lisent pas et prennent peur. L’ignorance est très dangereuse, messieurs, lisez !
@Akratamondo : Des gens lisent, citent et commentent #Gramsci sur Twitter ! Alerte rouge !  ‏

‏@ElCheDisparaba : Aujourd'hui, en Espagne, citer #Gramsci est un acte de violence.

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