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Guinée-Bissau : José Ramos-Horta appelé au secours de la paix

Le chaos politique dans lequel se trouve la Guinée-Bissau – en particulier depuis le coup d'État d'avril 2012  - a peut-être fait un pas vers une solution, avec la récente nomination du Prix Nobel de la paix et ancien Président du Timor-Leste, José Ramos-Horta, pour diriger le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans le pays (UNIOGBIS [en portugais]), à partir de février.

La Guinée-Bissau, confrontée à une instabilité politique et militaire chronique, est un pays qui depuis son indépendance de la puissance coloniale, le Portugal, déclarée en 1974, n'a jamais vu un président élu atteindre la fin de son mandat. En avril 2012, quelques jours avant le second tour de l'élection présidentielle, le pays a plongé dans une nouvelle crise avec le coup d'état militaire qui a installé l'actuel « gouvernement de transition » au pouvoir.

José Ramos-Horta est désormais appelé à “consolider la paix”, succédant au diplomate rwandais Joseph Mutaboba, qui achèvera son mandat le 31 janvier 2013. Sa nomination a été saluée tant par des diplomates [en portugais, comme les liens suivants] étrangers que par des organisations de la société civile guinéenne. Un article publié sur le site de la Deutsche Welle (DW) explique pourquoi :

 

Ramos Horta em visita de Estado às Maldivas, enquanto Presidente de Timor-Leste. Foto de Mauroof Khaleel no Flickr (CC BY-NC 2.0)

José Ramos-Horta en visite d'Etat aux Maldives, alors qu’il était le Président du Timor-Leste. Photo Mauroof Khaleel sur Flickr (CC BY-NC 2.0)

 

 

Président du Timor-Leste de 2007 à 2012 et aussi ministre des Affaires étrangères de son pays de 2001 à 2006, José Ramos-Horta détient une importante expérience diplomatique et possède de l'influence internationale, ce qui peut être significatif pour mettre la Guinée-Bissau à nouveau sur l'agenda politique mondial. Il a été condamné à un exil forcé aux États-Unis, en raison de l’invasion indonésienne de son pays, et pendant  24 ans il a plaidé la cause du Timor-Leste auprès des Nations Unies et des grandes capitales mondiales. En 1996, son engagement lui a valu le prix Nobel de la paix, une récompense partagée avec l’évêque de Dili, Monseigneur Carlos Filipe Ximenes Belo.

Tandis que nombreux sont ceux qui considèrent la nomination de José Ramos-Horta de “bon augure”, Nadia Issufo, journaliste mozambicaine, souligne qu'elle peut représenter un «cadeau empoisonné» pour le gouvernement de transition. Dans son blog personnel, Acalmar as Almas, elle indique plusiers organisations représentantes de la communauté internationale qui essayent d'intervenir dans la situation politique actuelle en Guinée-Bissau, mettant en évidence la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), qui ne reconnaît pas le gouvernement actuel de transition, et la Communauté économique des États de l’Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui le reconnaît:

Le gouvernenent de transition guinéen admet que la CPLP n’est pas exactement bienvenue dans la négociation de la crise, alors que la CEDEAO est le partenaire de confiance de la Guinée-Bissau. Par exemple, récemment, le gouvernement de Serifo Nhamadjo s'est dit satisfait de la présence des forces de cette organisation dans le pays, en dépit de l'affirmation de la Ligue Bissao-Guinéenne des Droits de l'Homme que cette force assiste passivement aux actes de violation des droits de l’homme dans le pays.

(…)

La nomination d'un représentant de l'ONU venu d'un pays membre de la CPLP peut paraître innocente, mais dans la pratique, cette action isole et étouffe la CEDEAO et, évidemment, la Guinée-Bissau. Qu'on le veuille ou non, en quelque sorte le gouvernement de transition sera forcé d'avaler la CPLP, et si ça ne glisser pas avec du miel, alors …

Tant que la guerre entre la CEDEAO et la CPLP n'aura pas cessé les possibilités d'une issue pacifique sont minimes. On sait que, au fond, la situation est contrôlée par l'Angola, qui veut s’imposer dans le continent africain sur le plan diplomatique, et le Nigeria qui veut aussi cette place. Par conséquent, la Guinée-Bissau devient un pays qui s'enfonce et aussi à cause des convoitises d'autrui.

A Guiné quer Paz. Foto de Sofia da Palma Rodrigues no blog Brancon'pelele (usada com permissão)

“La Guinée-Bissau veut la paix”. Photo de Sofia da Palma Rodrigues sur le blog Brancon’pelele

 

 

Les « ambitions des autres » auxquelles Nadia fait référence sont également mentionnées par le consultant en marketing politique Portugais José Paulo Fafe, qui commente sur son blog :

Il convient de rappeler que, en 2004, Jose Ramos-Horta a dirigé la mission de la CPLP que a «inspecté» (sans grand succès, disons en passant …) les élections dans ce pays, où, sous le regard complice de la communauté internationale et du gouvernement alors dirigé par Durão Barroso, se sont succédées  les fraudes electorales dans tout le territoire. Nous espérions maintenant que l'ancien mandataire timorais, “reprenne le bon chemin» et, du moins, ne ressemble pas du tout au chef de la diplomatie portugaise [Paulo Portas], un porte-parole des intérêts angolais dans ce pays. C'est que pour « mandarete » (personne qui ne pense pas pour soi-même, mais sert uniquement à servir les intérêts des autres) il suffit celui que nous avons…

La journaliste Helena Ferro de Gouveia, sur son blog Domadora de Camaleões, dit que José Ramos-Horta, «l'homme qui s'est exclamé que “Timor ida deit »( en tétun : Le Timor est un seul, du Nord au Sud, d'Est en Ouest), appelant à l'union du peuple timorais, peut-être « l'homme  indiqué pour que l'avenir ne dépeuple pas la Guinée-Bissau et retrouve son chemin », mais prévoit  quelques-unes des difficultés qu’il pourra rencontrer :

- L’ossature d'un État est composée de deux piliers: celui de la sécurité et celui de la justice ; en Guinée-Bissau, le pilier de la sécurité s'est effondré il y a longtemps et le système de justice fait défaut.

- L'usage de la force par l'armée [a remplacé] les institutions de l'Etat. Sans aide extérieure pour mettre fin à l’ingérence de l'armée dans la vie politique, il est impossible de mettre fin au chantage militaire sur les hommes politiques, leur manipulation des pouvoirs législatif et judiciaire et à la dégringolade du pays vers le trafic de drogues entre l'Amérique latine et l’Europe.

Toujours sur la question du trafic de drogue, un éditorial du blog Página Global, dédié à la lusophonie, dit qu'il s'agit d'une dette [qui] pèse inhumainement sur le peuple guinéen (…) aux prises avec une crise provoquée par des corrompus et des fraudeurs compromis avec les cartels des drogues”.

La détermination de faire de la Guinée-Bissau un territoire soumis au trafic de drogues est trop évidente et ce ne sera pas Jose  Ramos-Horta qui réussira à changer le cours de ces objectifs si la communauté internationale, l'ONU, ne donne pas un “coup de poing sur la table”. Il faut qu’elle utilise les arguments et les preuves en sa possession pour condamner devant la Cour pénale internationale de justice, les criminels et leurs complices qui détiennent le pouvoir et la soumission systématique du pays aux règles du trafic de drogue, des tricheurs et de l'arrogance. Assez d'impunité.

 

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