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Conversations de Syria Deeply : Un voyage à Idlib

Dans le cadre de notre partenariat avec Syria Deeply nous traduisons et publions une série d'articles sur la vie quotidienne des civils de Syrie pris entre deux feux, ainsi que les points de vue d'auteurs du monde entier sur le conflit.

Nous rapportons ici un entretien entre Syria Deeply et une étudiante syrienne. Elle vient d'une famille conservatrice sunnite d'Alep. Elle espère pouvoir quitter le pays, mais elle doit tout d'abord se procurer un passeport à Idlib, ville où est domiciliée sa famille. Elle nous raconte son voyage par la route entre Alep et Idlib :

Le chauffeur a pris du monde dans tous les villages “libérés” sur la route qui mène à Idlib. Nous sommes passés dans un village appelé Kafar Halab, proche d'une grande colline. Le paysage était d'une beauté étonnante. Je veux acheter une maison là après la révolution…

Partout où nous sommes passés il y avait des graffiti. Les inscriptions étaient en faveur soit du régime soit de l'opposition. Chaque inscription était effacée par une autre inscription qui la recouvrait. C'est enfantin. Aucune n'est crédible.

Sur la route, nous sommes passés devant la boulangerie industrielle de Shamsin. Une foule incroyable était à l'entrée. Des milliers de personnes se bousculaient et se poussaient pour du pain. Ensuite on a vu le complexe du restaurant Magic Land. Sur un panneau d'affichage on peut lire “Nous sommes une nation à qui Allah a donné la fierté de l'Islam”.

Après avoir passé le poste de contrôle de l'Armée Syrienne Libre, nous sommes arrivés au carrefour d'Ircada, où se trouve le poste de contrôle du Front Jihadiste Islamique al-Nursa. A notre grande surprise ils ont été très aimables avec nous. Peut-être qu'en voyant mon hijab et mes vêtements discrets ils ont respecté cela. Nous avons ensuite dépassé Binnish et Taftanaz, deux villes qui sont la cible de bombardements aériens intenses. Malgré tout, la vie y paraît normale et les gens ne semblent pas du tout gênés de vivre sous les bombardements. Ils tiennent à rester dans leurs maisons. A Binnish des étudiantes sont montées dans le bus et nous ont raconté que tous les jours elles devaient aller à Idlib pour suivre leurs cours et que pendant tout le trajet elles avaient peur d'être tuées par une bombe, un obus ou une voiture piégée…

Nous avons fini par arriver à Idlib, mais mon passeport n'était pas encore prêt. Je me suis promenée et j'ai pris un thé près du souk. Il y a un beau souk (marché couvert), c'est exactement la réplique de notre vieux souk d'Alep en plus petit. Ca grouillait de monde, comme à Alep avant l'incendie de la vieille ville et du souk historique il y a deux mois. Je me suis acheté des chips Derby (une marque de chips syrienne bien connue) et le vendeur a commencé à bavarder avec moi quand il a entendu mon accent d'Alep.

Il m'a demandé quelle était la situation à Alep et j'ai répondu qu'elle n'est toujours pas bonne. Il m'a répondu en disant que quand Idlib était sous les bombes on faisait des barbecues et on mangeait des kebabs à Alep ! Ca m'a fâchée et je suis partie.

Alep, Syrie. 28 Décembre 2012 — Les gens se rassemblent dans la rue devant une boulangerie — Après les coupures d'eau, de fuel et d'électricité dans les zones contrôlées par l'Armée Syrienne Libre, la population tente de reprendre une vie quotidienne normale à Alep pendant la guerre civile syrienne. (Source: Mike Blacktoviche)

J'ai acheté du pain d'ici pour le rapporter à la maison parce qu'il n'y en a pas Alep. Avant nous rapportions des bonbons ou autres sucreries de nos voyages, maintenant un morceau de pain vaut plus que tout… J'ai tenu le pain à deux mains pendant tout le voyage comme un trésor. Sur le chemin du retour à Alep, à l'avant du bus il y avait un homme très obséquieux qui saluait tout le monde à chaque poste de contrôle. Que ce soit l'armée ou les rebelles il leur léchait les bottes.

 

Je n'ai pas de mots pour dire le déchirement de voir sur la route tous ces gens et notre merveilleux pays en feu. Je suis fatiguée de toute cette propagande, de ces compliments, de ces analyses, et des deux côtés. Ce que j'ai vu sur la route m'a suffit.

Les gens veulent vivre!

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