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Burundi: Une marche de soutien au journaliste Ruvakuki réprimée

Depuis que le mardi 8 janvier 2013, la justice burundaise a condamné en appel le journaliste et correspondant du service en swahili de Radio France Internationale (RFI) Hassan Ruvakuki, les professionnels des médias manifestent chaque mardi devant le palais de justice. Cependant, le 19 février 2013, une répression violente contre les manifestants éclate dans Bujumbura.

Le blog africanaute.com publie un billet relatant les évènements:

La police a dispersé ce mardi 19 février 2013, à Bujumbura une marche des journalistes pour demander la libération du correspondant local de la Radio France Internationale (RFI, section Swahili), Hassan Ruvakuki.

Dans la débandade généralisée, certains manifestants ont été blessés, tandis que d'autres ont été victime de malaise lié à l'inhalation de gaz lacrymogène.

Des manifestations de soutien à M. Ruvakuki se sont multipliées ces derniers temps dans les rues de Bujumbura, mais c'est la première fois que la police fait recours à la violence contre le manifestants.

 

Rémy Harerimana remarque sur le blog echos-grandslacs.info que le 19 février 2013:

Aujourd’hui certains des représentants des organisations de la société civile burundaise se sont joints aux journalistes dans ces manifestations. Nous devons être solidaires a indiqué Faustin Ndikumana, président de la PARCEM, une organisation de la société civile.

 

Mais comment en est-on arrivé là ?

Le site categorynet.com rappelle comment le calvaire de Hassan Ruvakuki a commencé:

Hassan Ruvakuki est accusé de complicité avec un groupe rebelle pour s'être rendu en Tanzanie, en novembre 2011, afin de couvrir la naissance d'un mouvement d'insurrection. Le journaliste, emprisonné depuis le 28 novembre 2011, avait été condamné en première instance à la prison à perpétuité pour “terrorisme”.

Après une requalification des charges en “participation à une association formée dans le but d'attenter aux personnes et propriétés” et plusieurs ajournements d'audience, la Cour d'appel avait commué la sentence en trois ans de prison ferme.

Sourd aux protestations internationales, le ministère de la Justice a utilisé le prétexte d'un pourvoi en cassation par le ministère public pour s'opposer à la libération conditionnelle du journaliste. Le pourvoi n'a cependant pas été notifié à l'avocat de Hassan Ruvakuki.

 

Un billet de Marie Umukunzi publié sur le blog jambonews.ne critique les conditions de déroulement du procès:

Le procès a été entaché par de nombreuses violations telles que la détention du journaliste dans le camp militaire de Cankuzo, un séjour au commissariat de police dépassant la durée légale prévue par la loi, le refus au journaliste d’une assistance juridique lors du passage devant le juge qui a prononcé la mise en détention.

L’avocat du journaliste, maître  Onésime Kabayabaya a mis en évidence l’ingérence du pouvoir politique dans cette affaire judiciaire. Sur les ondes de RFI, il déclare que le premier vice président burundais aurait accusé le journaliste d’être coupable d’actes de térrorisme lors d’une rencontre avec le corps diplomatique.  De plus, le Président burundais Pierre Nkurunziza défendait sur les ondes de la BBC la condamnation du journaliste.

Le site burunditransparence.org avait publié à l'issue du premier procès en juin dernier un billet remarquant que:

Ce Mercredi 20 Juin 2012 à CANKUZO, le Tribunal de Grande Instance de cette entité administrative a condamné le journaliste Hassan RUVAKUKI de la radio BONESHA FM de Bujumbura et de la RFI pour une peine à perpétuité. Seize (16) de ses coaccusés ont été également condamnés de la même peine, au moment où neuf (9) autres ont été condamnés pour une peine de quinze (15) ans.

La raison de cette condamnation d'Hassan RUVAKUKI n'est autre que de s'être entretenu avec le chef des rebelles ou insurgés des FRD-ABANYAGIHUGU. Chose pourtant très normale pour tout homme engagé dans le journalisme. Partout au monde, les journalistes de grandes chaines de radios et de télévisions comme CNN, FRANCE 24, TV5, ALDJAZIRA, RFI, BBC, etc.. ne s'abstiennent pas d'engager des interview avec les rebelles, les insurgés et voir même des terroristes et aucun pouvoir ne les a collé les identités de ces derniers.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/01/Road_between_Bujumbura_and_Congo_border_-_Flickr_-_Dave_Proffer_%284%29.jpg/320px-Road_between_Bujumbura_and_Congo_border_-_Flickr_-_Dave_Proffer_%284%29.jpg

A la frontière entre Le Burundi et la République démocratique du Congo. L'emprisonnement des journalistes ne peut pas empêcher les nouvelles de se répandre. Photo de l'utilisateur de Flickr par Dave Proffer via wikimedia.org/wikipedia/commons

Depuis son accession à l'indépendance, en 1962, le Burundi ancienne colonie belge, a vécu entre violences et guerres civiles séparées par de rares moments de répit. L'arrivée au pouvoir de Pierre Nkurunziza, ancien professeur de sport et ex-chef rebelle, à la tête du Burundi avait soulevé des espoirs d'une paix durable, ayant été personnellement lui-même blessé lorsqu'il était dans la guérilla de 1993 à 2003. Élu en 2005 chef du gouvernement par l'Assemblée nationale et le Sénat, issus des accords, signés sous l'égide de Nelson Mandela à Arusha le 29 août 2000. En 2010, il a été réélu, au suffrage universel, président avec plus de 91 % des voix, l'opposition ayant boycotté les élections.

Le site fr.rsf.org/report-burundi dénonce dans BURUNDI BAROMÈTRE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2013:

Élu à la tête du pays en 2005, le président Pierre Nkurunziza a beau claironner son attachement à la liberté de la presse, rien n’y fait. Les journalistes du Burundi sont entrés, depuis son accession au pouvoir, dans une période de menaces et d’incertitudes. Certains ont été incarcérés. Plusieurs autres ont quitté le pays, de peur de tomber à leur tour dans le piège tendu par les services de sécurité aux hommes et femmes de médias qu’ils considèrent comme des “perturbateurs”.

Une conférence s'est tenue à Genève les 29 et 30 octobre 2012, réunissant le gouvernement du Burundi et de pays étrangers, des partenaires au développement et des organisations de la société civile nationale et internationale, dans le cadre du deuxième Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté (CSLP II) couvrant la période 2012-2016. Elle devait permettre de discuter de la paix et de la bonne gouvernance.

Avant cette conférence, tout en saluant des avancées positives sur le plan des mesures prises par le gouvernement en matière des libertés civiles et  la réconciliation nationale, l'ONG Human Rights Watch avait publié ses recommandations aux participants dans un article intitulé Burundi: Recommandations en matière de protection des droits humains pour la conférence de Genève   

Les organisations de la société civile et les médias sont généralement en mesure de s’exprimer librement et d’enquêter lorsque des violations des droits humains sont commises, et de les dénoncer. Mais en même temps, ces libertés fondamentales sont menacées. Des militants et des journalistes burundais subissent des tentatives répétées d’intimidation, des actes de harcèlement et des menaces de la part de responsables du gouvernement ou des services de renseignement. Plusieurs projets de loi présentés en 2012 à l’Assemblée nationale, dont une version révisée de la loi sur la presse et une loi sur les réunions publiques, contiennent de sévères restrictions aux libertés d’expression et de rassemblement.

Selon un billet publié par le site arib.info, ce 26 février 2013, les travailleurs du secteur de l'information portant des T-shirts à l'effigie de Hassan Ruvakuki, se sont encore regroupés place de l'Indépendance, en plein centre-ville de Bujumbura, pour entamer une marche silencieuse vers le Palais de justice.

Ce soutien à Hassan Ruvakuki dépasse les frontières du Burundi. Plus de 2650 travailleurs de médias, de groupes de presse et des sympathisants de plusieurs pays d'Afrique ont signé une pétition pour exiger sa libération.

Les dirigeants burundais doivent comprendre, comme ceux d'autres pays africains, que le non respect des textes législatifs dans la gestion du pouvoir finit toujours par engendrer la violence et l'instabilité politique.

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