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Portrait de cinq Brésiliennes qui aiment ce qu'elles font et font ce qu'elles aiment

A revista #AMF, ou #AmoMeuFazer é uma publicação da Editora Florista. www.amomeufazer.com.br | www.editoraflorista.com.br | Facebook | @amomeufazermagr Fotos: Gleice Bueno, usadas com permissão

La revue #AMF ( initiales de #AmoMeuFazer: j'aime ce que je fais) est une publication de l'agence “Editora Florista”. www.amomeufazer.com.br | www.editoraflorista.com.br | Facebook | @amomeufazermagr photos: Gleice Bueno, usage autorisé.

[liens en portugais] Lancée en septembre 2013, #AmoMeuFazer (#AMF) est une revue bimensuelle brésilienne sur les gens qui aiment ce qu'ils font, elle raconte leur histoire et leur façon de créer.

Des gens qui, par ce qu'ils faisaient, ont changé leur façon de penser, de ressentir, de rencontrer, de travailler et de vivre. Ou qui ont simplement découvert une certaine forme de réalisation personnelle et de joie quotidienne dans ce qu'ils ont produit. Nous souhaitons mettre en évidence les pratiques les plus diverses, les processus créatifs, la beauté. 

Tout a commencé par un blog, la Fleuriste, qui depuis trois ans collectionnait des portraits de personnes qui aimaient ce qu'elles faisaient, ce qu'elles appelaient “des fleurs”. Rapidement des amies blogueuses : Karine Rossi, Gleice Bueno et Dani Scartezini, s'aperçurent que ce qu'elles aimaient dans ce blog c'était “rencontrer, connaître de plus près, décrire et partager des histoires véritable et édifiantes”.

C'est ainsi que le blog pris le nom de Editeur fleuriste, dont le premier enfant a été la revue numérique #AMF, qui va terminer son premier trimestre de vie avec 18 interviews accompagnés de belles photos et parfois de vidéos. Le second enfant : l'école du faire, est un projet qui cherche à rapprocher des personnes qui aiment ce qu'elles font avec des personnes qui voudraient partager une activité leur donnant le plaisir “du faire”.

Pour cet article, nous avons sélectionné cinq des femmes représentées dans la revue #AmoMeuFazer. Elles ont en commun le courage d'avoir abandonné une ou plusieurs carrières pour faire ce qu'elles aimaient et ont ainsi commencé à aimer ce qu'elles faisaient.

L'architecte devenue éducatrice

Fabi Diaz a reçu une formation en architecture, puis a ouvert un bar à São Paulo et finalement tout abandonné pour aller vivre à Bahia. Dans ce lieu le contraste entre la beauté de la nature et la pauvreté locale lui a inspiré le désir de travailler dans le domaine de l'éducation infantile. Il y a six ans elle a ouvert une école, Jardim do Cajueiro, un espace pour apprendre au travers de l'art, de la musique, du vivre ensemble et de la prise de conscience de l'environnement :

Du courage toujours, un certain regard sur les enfants, leurs besoins et ceux de leurs familles, nous ont montré le chemin, et puis tout s'est mis en place après pas mal d'études, anthroposophie et pédagogie Waldorf… l'école vit encore surtout de parrainages et de personnes qui paient le coût de la prise en charge d'un enfant dans une école. Comme nous travaillons à 75 % avec des familles aux petites ressources, ces parrainages sont indispensables. Cette aide est très importante, et nous luttons en permanence pour obtenir toujours plus de parrains.

Cette année nous avons obtenu une aide financière pour la construction de notre propre siège, un rêve grandiose, nous avons eu par la mairie un terrain en  reconnaissance pour notre action et après un an de travail nous commençons enfin le chantier. Nous possédons actuellement à peine un tiers de l'argent nécessaire pour terminer l'ouvrage, et pour passer ce cap nous avons besoin de l'aide de tous ceux qui pourraient nous aider sous une forme ou une autre en donnant ou en nous aidant à obtenir des ressources.

La taille de l'école qui accueille aujourd'hui 70 enfants avec une prévision de croissance d'une nouvelle classe chaque année n'est déjà plus compatible avec une location. Nous avons besoin de notre propre espace. Nos projets sont importants, il n'est plus temps de reculer, maintenant nous sommes nombreux, beaucoup de familles, beaucoup de vies, beaucoup de destins, l'enjeu est énorme.

Je crois que nous avons besoin de plus en plus de monde pour partager notre rêve. Notre objectif est de toucher les cœurs, notre défi est transformer par l'amour. Je voudrais offrir par cette aventure un véritable feu d'artifice pour illuminer les multiples chemins qui sont là pour ceux qui croisent notre route, et qui à leur façon souhaitent participer à la réalisation d'un monde meilleur.

Fabi Diaz

“Tous ces enfants en liberté, c'est beau, mais il serait mieux qu'ils ne soient plus solitaires! Quelle liberté est celle qui se confond si facilement avec l'abandon” (Fabi Diaz)

La danseuse qui est devenue 

Maíra Duarte a décidé de quitter trois emplois pour voyager, “voir la mer, méditer et penser à la vie”. C'est  dans des villages sans électricité qu'elle s'est découvert un talent pour diverses thérapies, y mettre au monde ses enfants de manière naturelle a été une des étapes les plus importante vers la carrière de doula :

Je n'avais même pas d'argent pour rentrer et mes projets n'avaient rien donné. “Qu'allais-je  faire maintenant?” Le propriétaire de la maison dans laquelle j'étais hébergée m'a dit:” Quand je ne sais pas quoi faire, je descends la rivière!”. J'ai attrapé une bonne bouée et je suis partie vers le Rio Caraíva qui m'a menée jusqu'à la mer. J'ai pleuré en regardant le ciel, j'ai lavé mon cœur, j'ai laissé mon corps suivre le cours du fleuve. Et j'ai offert toutes mes peurs à la mer. Sur ce chemin j'ai fait une rétrospective mentale, je me suis souvenu des choses fondamentales pour moi, des personnes fondamentales, de mes classes de danse et des massages que j'y ai appris !

Arrivée à la plage une idée m'est venue. J'ai écrit sur un T-shirt : “ Massages, parle avec moi !” Et j'ai dessiné une main ouverte avec une spirale en son centre. J'ai demandé des conseils basiques à une amie qui était dans le coin, je lui ai parlé de  mes projets. J'ai marché sur la plage vêtue de ce T-shirt. Bientôt une personne intéressée s'est approchée puis une autre et puis une autre…. Pendant un mois j'ai pas mal travaillé. Je me suis retrouvée avec de l'argent en poche, le premier pas de mon nouveau cycle avait été franchi : j'allais étudier l'Ayurveda*.[...]

J'ai réalisé l'accompagnement d'une gestation sous forme de thérapie prénatale parallèle au médecin, à l'aide de massages, de conversations et d'orientations ayurvédiques. J'ai essayé de créer un espace ouvert pour que la gestante puisse s'informer, gérer ses peurs, se préparer physiquement et mentalement pour l'accouchement et l'après-accouchement. Cet espace permet également aux compagnons ou quelquefois aux compagnes d'y trouver leur place pour qu'ils apprennent à prendre soin des femmes et mieux comprendre ce processus duquel ils ont été exclus depuis des décennies . Les massages sont un moment de forte connexion entre le bébé et sa mère, je me sens particulièrement liée à eux à ce moment-là. Masser un bébé dans le ventre de sa mère pendant plusieurs mois crée un lien profond. Nous avançons ainsi ensemble aplanissant un chemin pour cette gestation. Ceci peut inclure des entretiens, des bains thérapeutiques, des conseils alimentaires et de pratiques respiratoires. Chaque grossesse apporte des questions que l'on peut entendre au fur et à mesure de son évolution.

Maira Duarte

” j'ai eu mon second fils après un accouchement naturel rapide intense et agréable. Cet accouchement a ouvert une porte, m'a donné de la force et de la compréhension . J'ai suivi le cours de doula et d'éducatrice périnatale.” (Maíra Duarte)

L'enseignante qui est devenue boulangère

Luciana Sápia a fait des études de sciences sociales et de pédagogie. Elle a travaillé comme enseignante, conteuse et actrice. Quand elle est devenue mère, elle a découvert ses mains et grâce à elles s'est mis à faire des pains, des gâteaux et bien d'autres délices. Dans sa cuisine est née la Confrérie de Santa Barbara, une boulangerie maison qui utilise des méthodes artisanales pour fabriquer ses produits, utilisant de façon créative des savoirs traditionnels.

C'est une manière d'agir dans le monde qui m'a permis de résoudre le dilemme de beaucoup de mères modernes : comment travailler à l'extérieur et m'occuper de mes enfants ?

Avant d'être boulangère, j'étais enseignante dans un petit jardin d'enfants, ce que je gagnais n'était pas suffisant pour faire face aux dépenses courantes de la vie, et je ne voulais pas être absente de la vie quotidienne de mes enfants.

Être dans le marché du travail, sur un emploi classique avec une rémunération assurée, me prendrait beaucoup d'heures chaque jour et ne satisferait pas mes besoins profonds : être mère, femme, amie, cuisiner, peindre, planter, danser… être réellement heureuse.

Je l'ai été quand j'ai commencé à faire du pain. Au début ce n'était qu'une façon d'augmenter mon revenu mensuel en faisant quelque chose qui me plaisait, et en offrant  quelque chose de bon, ensuite je me suis aperçuê que si je le voulais réellement je pouvais m'en sortir financièrement et me lancer à fond dans cette histoire.

J'ai acheté un four, j'ai arrangé la cuisine, j'ai installé mes pains dans un panier et nous y sommes! Ainsi, depuis ma maison, dans la chaleur de mon foyer, aux côtés de mes enfants je peux vous proposer : “voulez-vous un pain bien frais ?”

Je fais de beaux rêves. Et chacun de mes pains nourri† un peu chacun de mes rêves.

Luciana Sapia

” la partie de mon corps qui a le plus changé pendant la grossesse a été mes mains : des mains de mère qui tâtent le monde, qui cherchent l'amour pour l'offrir à l'enfant nouveau-né” (Luciana Sapia)

La styliste qui est devenue couturière

Gisele Dias a abandonné une carrière de designer pour devenir modista, spécialisée dans le vêtement féminin romantique fabriqué à partir de dentelles et de fleurs. Quand elle travaille sur des commandes sur mesure elle raconte des histoires d'amour en forme de vêtements :

La Modiste a ouvert en 2005. Il y a eu  pas mal de difficultés… c'est normal de les affronter quand on décide de faire quelque chose de nouveau qu'on ne maîtrise pas complètement. Abandonner une profession est difficile, le passage d'un état à un autre implique des choix… et faire les bons choix est une tâche difficile ! Je suis l'exemple de quelqu'un qui avait une profession salariée et s'en est allé faire du commerce. Oui, c'est du commerce, on ne s'en souvient pas assez, on ne se souvient pas assez de cet aspect des choses quand on décide de monter une affaire pour se lancer dans la création.

Gisele Dias

“ je crois que la philosophie de la vie qui me motive et qui motive également le travail d'une modiste est un grand écart : exprimer les sentiments les plus sincères et les plus profonds au moyen d'un costume de mariée.…” (Gisele Dias)

J'ai pas mal souffert en mettant en place mon affaire. Il est vrai que je ne suis pas la personne la plus sociale de la planète. Je suis très réservée, je n'ai jamais eu beaucoup de contact sociaux et le commerce m'a obligée à les assumer. Ça été assez difficile au début. Mais c'est une belle école car les difficultés nous font grandir quand nous avons l'humilité d'apprendre par elles…. 

Je suis très heureuse de ce que je fais mais je reste toujours une éternelle insatisfaite. Quand ce n'est pas une chose, c'est une autre , et pour moi nous ne faisons à peine que commencer malgré huit années d'ouverture… on a réussi beaucoup, mais on a encore beaucoup de projets à atteindre et c'est comme ça que je fonctionne, que j'affronte la vie et mon avenir. Pour vivre  en faisant ce que l'on aime il faut de l'humilité et une disponibilité inconditionnelle. Il est vrai que ce qui fait avancer les projets de n'importe qui c'est la détermination et beaucoup de courage. Il y aura toujours des moments difficiles et des moments de joie totale… je me souviens d'un dicton zen qui dit que “le grand secret est d'être souple comme un arbre qui plie sous le vent sans se briser ! ” Dans ma vie je crois que tout est arrivé de façon très affective et peu rationnel. Tout a été bien souvent dirigé par l'émotionnel.

L'avocate qui est devenue thérapeute

Titi Vidal a travaillé comme avocate en droit de la famille pendant quelques années, elle a eu de bons emplois, mais c'est à partir d'un hobby qu'elle a découvert sa véritable vocation. Aujourd'hui Titi est astrologue, tarologue et thérapeute holistique, elle travaille de 12 à 14 heures par jour et n'a jamais été aussi heureuse :

Je travaillais comme avocate le jour mais la nuit et les week-ends j'ai rapidement commencé à chercher autre chose et continué à étudier. Je suis devenu astrologue et tarologue. J'ai fini par étudier, connaître quelques techniques thérapeutiques et je suis devenue également thérapeute holistique.

Je sais qu'un jour, après avoir demandé des signes, j'en ai reçu un très clair et j'ai démissionné de mon emploi.

Je suivais  à cette époque un cours sur la mythologie grecque. Le professeur parlait d'un certain mythe, lorsque, ce même jour où j'avais demandé aux anges un signal clair, j'ai interrompu la classe pour parler d'Apollon qui n'avait rien à voir avec ce que l'on traitait ce jour là. J'ai dit clairement que dans la vie nous devrions être comme Apollon et tout abandonner pour suivre notre véritable vocation. J'ai parlé là-dessus très longtemps Jusqu'au moment où je me suis aperçue que le message était pour moi. C'est à ce moment-là, à ma grande surprise, qu'on m'a offert le double de mon salaire pour que je reste ! Je me suis dit : et alors c'est cela le signe ? J'ai maintenu fermement la décision de partir et je me suis entièrement dédiée à ce qui est rapidement devenu ma profession.

Je suis astrologue, tarologue et dans les techniques thérapeutiques que je pratique j'ai rencontré également la radiesthésie. Ce sont mes professions, mes domaines d'action, ce qui aujourd'hui me rend heureuse. J'aime ce que je fais. 

Titi Vidal

” Je sais qu'il arrive un moment où nous sommes mis à l'épreuve. Nous sommes testés et l'univers nous demande si c'est bien cela que nous souhaitons faire ” (Titi Vidal)

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