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Coupe du monde : la fête dans les stades et la violence au-dehors

Cartum de Pirikart, uso livre.

1) Lancer du gaz lacrymogène sur un homme à terre, 2) Blesser des journalistes étrangers, 3) Si la Police Militaire n'a pas peur de faire ça quand le monde entier à les yeux rivés sur le Brésil, 4) Imaginez ce que ça doit être quand personne ne regarde. Dessein de Pirikart, libre de droits.

Sauf mention contraire, tous les liens sont en portugais

Quelques heures avant l'ouverture de la Coupe du Monde au Brésil, qui allait se dérouler dans le stade du club des Corinthians, dit Itaquerão, des milliers de gens se préparaient à défiler sur la principale voie d'accès au stade. Se préparaient, car avant même que la manifestation ne commence [es], elles ont été agressées par la Police Militaire de São Paulo avec une extrême violence. 

Selon le site du collectif des Avocats Activistes: 

O dia iniciou-se em São Paulo com o sítio à cidade, exercido pelas forças de segurança pública empregadas pela Polícia Militar, Polícia Civil, Polícia Federal e Exército, entre outros agentes de segurança.

Le jour s'est levé avec une São Paulo en état de siège, soutenu par les forces de sécurité publique composées de la Police Militaire, la Police Civile, la Police Fédérale et l'Armée, entre autres.

Les avocats ont aussi listés sur leur site les incorrections et actes illégaux commis par les forces de sécurité à São Paulo, en ajoutant :

Jornalistas acabaram por ver-se tão acuados quanto os demais atores da manifestação, na medida em que estes os buscavam como um possível “porto seguro”, independentemente do tipo ou nacionalidade dos profissionais envolvidos.

des journalistes ont fini par se retrouver aussi coincés que les autres acteurs de la manifestation, dans la mesure où ceux-ci les recherchaient pensant trouver auprès d'eux une certaine sécurité, sans se poser de questions sur la nationalité des professionnels concernés.

Sous les agressions policières, balles en caoutchouc, gaz lacrymogène et bombes ‘démoralisantes’ contre les manifestants qui essayaient de monter des barricades pour mieux se défendre, allant même jusqu'à se réfugier dans l'immeuble du Syndicat des cheminots qui, à ce moment-là, se préparaient aussi à manifester pour défendre leurs droits, la presse devenait alors la principale cible de la police. 

Dès le début du tumulte, une journaliste, Shasta Darlington, et une productrice, Barbara Arvanitidis, toutes les deux de CNN, ont été touchées par des éclats de bombes lacrymogènes [en] lancées par la PM. Dans la même manifestation, le journaliste argentin Rodrigo Abd, ainsi qu'un journaliste français ont été blessés à la jambe, le premier par des éclats de bombes et le deuxième par une balle en caoutchouc ; un caméraman brésilien de la chaîne SBT a été touché par des éclats de bombes à la tête. 

L'activiste Daniele Lima a raconté sa journée sur sa page Facebook où elle parle aussi de la répression policière:

A Tropa de Choque chegou também, batendo seus cassetetes nos escudos e depois na gente de novo. Confusão, fecharam a estação, chamaram a cavalaria, fecharam as ruas em volta.

Les hommes du Bataillon de Choc sont aussi arrivés, tapant en rythme sur leurs boucliers avec leurs matraques et ensuite sur nous, encore. Confusion, ils ont fermé la station [de métro], appelé la cavalerie, fermé les rues voisines.

En plus des journalistes, des manifestants ont également été blessés puis arrêtés tandis qu'un cas un peu spécial retenait l'attention du monde. Le professeur d'anglais Rafael Marques Lusvarghi, 29 ans, après avoir été touché en pleine poitrine par des balles en caoutchouc a été attrapé par des policiers, sans offrir aucune résistance, immobilisé violemment et aspergé à plusieurs reprises de gaz lacrymogène en plein visage et à bout portant. La page Facebook de Anonymous Rio raconte l'histoire:

[Ele] estava parado sozinho em frente à tropa ao lado do metrô Carrão quando levou dois tiros de borracha no peito. Em seguida, ele foi imobilizado pelo próprio comandante da operação e ao menos mais cinco PMs. Mesmo algemado e imobilizado, Lusvarghi foi atingido por um jato de spray de pimenta nos olhos.

Por causa da repercussão das imagens, ele perdeu nesta sexta seus dois empregos – em uma escola e em uma multinacional do setor de tecnologia.

[Il] était tranquille, tout seul, en face du bataillon, à côté du métro Carrão, quand il a pris deux balles en caoutchouc dans la poitrine. Ensuite, il a été immobilisé par le commandant de l'opération en personne et pas moins de cinq PM. Même dans cet état-là, menotté et immobilisé, Lusvarghi a été aspergé par une giclée de gaz lacrymogène en plein dans les yeux.

À cause de la répercussion qu'ont eu ses images, il a aussi perdu ses deux emplois – dans une école et dans une multinationale du secteur de la technologie – ce vendredi.

Manifestante rendido é torturado com spray de pimenta no rosto. Imagem de uso livre.

Le manifestante est arrêté et torturé avec du gaz lacrymogène en plein visager. Ploto libre de droits.

Rien que dans cette manifestation, 47 personnes ont été arrêtées et 37 blessées par la police. Le professeur de  l'UFRJ, Marcelo Castañeda, parle de la violence [de la police] à São Paulo:

A PM de São Paulo está brincando com fogo: agrediu indiscriminadamente manifestantes, jornalistas e quem estivesse pela frente. Tem repórter da CNN ferida. A PM trabalhou para dispersar a manifestação antes de se concentrar, bloqueou a saída de metrô. Detidos e feridos no local. Os manifestantes continuam resistindo. Esse é o padrão FIFA: violência máxima! Toda solidariedade aos que foram covardemente agredidos!

La PM de São Paulo est en train de jouer avec le feu: elle a agressé sans discrimination des manifestants, des journalistes ou quiconque se trouvait en face. Des journalistes de la CNN ont été blessés. La PM a tout fait pour disperser la manifestation avant de se rassembler, et a bloqué la sortie du métro. Participants arrêtés et blessés sur les lieux. Les manifestants continue à résister. Voilà la norme de la FIFA: violence maximum! Toute ma solidarité à ceux qui ont été lâchement agressés!

Toujours à São Paulo, le journaliste catalan Sergi Atadill a eu le tympan perforé [es] suite à l'explosion d'une bombe lacrymogène lancée [es] par la police près de lui. Il est actuellement hospitalisé [es] dans un hôpital de la ville pour examens.

À Rio de Janeiro, une manifestation pacifique contre la Coupe du Monde a aussi été réprimée par la Police Militaire. Dans la confusion, le professeur Pedro Guilherme Freire a lui aussi été agressé et trainé par terre par la PM puis arrêté. L'agression a été filmée par des activistes.

Professor Pedro Freire agredido e arrastado pela PM. Foto de Daniel Fonsêca, usada com permissão.

Le professeur Pedro Freire battu et trainé par terre par la PM. Photo de Daniel Fonsêca, avec son autorisation.

L'activiste Rafael Rezende a posté sur Facebook une vidéo qui montre le moment où la PM attaque une manifestante par derrière, donnant ainsi le signal de départ à la violence généralisée contre les manifestants : 

 
L'activiste Paula Kossatz a aussi publié une vidéo où des activistes sont agressés gratuitement par la police lors d'une manifestation nocturne le long du littoral de Rio de Janeiro: 

 
À Belo Horizonte, dans l'état du Minas Gerais, le photographe de l'agence Reuters, Samuel Costa, a été blessé à la tête tandis que la jeune Karinny de Magalhães, membre du collectif Mídia Ninja était arrêtée et torturée par la Police Militaire. Le collectif raconte sur son site:

Ao transmitir ao vivo o ato ‘Copa sem povo, tô na rua de novo’ Karinny sofreu longa série de arbitrariedades por parte da Polícia Militar.

[...]

Mantida por mais de uma hora no interior de uma viatura, foi conduzida em sigilo para um quartel, onde foi espancada por cinco policiais até perder a consciência. Em seguida foi levada até a 6ª Delegacia Regional de Polícia Civil –Noroeste, onde passou a noite, prestou depoimento e realizou o exame de corpo delito.

Karinny é ré primária e está sendo acusada de fazer parte do grupo que virou de ponta cabeça uma viatura da Polícia Civil durante os protestos. Os vídeos da transmissão ao vivo mostram todo seu percurso durante a manifestação e comprovam a falsidade dessa afirmação. Mais dois manifestantes que participavam da ação também foram detidos.

Alors qu'elle retransmettait en direct l'initiative ‘Copa sem povo, tô na rua de novo’ [Coupe du monde sans populo, je suis dans la rue à nouveau] Karinny a subi une interminable série d'actes arbitraires de la part de la Police Militaire.

[...]

Séquestrée plus d'une heure dans un véhicule de la police, elle a été emmenée en douce au poste où elle a été tabassée par cinq policiers jusqu'à en perdre conscience. Emmenée par la suite au 6è Commissariat Régional de la Police Civile – Nord-Ouest, où elle a passé la nuit, fait une déposition et un constat médico-légal.

Karinny, en qualité de prévenue est accusée d'avoir fait partie du groupe qui avait retourné sur le toit une voiture de la Police Civile pendant les manifestations. Les images de sa transmission en direct montre son itinéraire pendant la manifestation et prouvent la nullité de cette affirmation. Deux autres manifestants ont aussi été arrêtés.

Karinny de Magalhães. Foto de uso livre.

L'activiste Karinny de Magalhães. Photo libre de droit.

Le jour suivant, le collectif Mídia Ninja informait de sa libération:

Alvará de Soltura não só da NINJA Karinny Magalhães mas também dos outros ativistas presos acaba de ser emitido e o oficial de justiça já esta a caminho do presídio para liberá-los.

A Grande notícia é que a mobilização feita por todos nós conseguiu a liberação de TODOS os ativistas presos ILEGALMENTE durante os protestos de ontem em BH!

La levée d'écrou, non seulement pour la NINJA Karinny Magalhães mais aussi pour les autres activistes détenus, vient d'être ordonnée et l'officier de justice est déjà en chemin pour les faire libérer.

La grande nouvelle c'est que notre mobilisation à tous a réussi à faire libérer TOUS les activistes détenus ILLÉGALEMENT pendant les manifestations d'hier à BH ![Belo Horizonte]

Le collectif Pós TV a publié une vidéo filmée par Karinny et retransmises en direct en streaming dans le monde entier, où on peut voir son arrestation (à partir de 1:10):

Dans le Minas Gerais il y a eu 18 arrestations.

Le site Revolution News a aussi publié une vidéo qui montre l'arrestation des journalistes du collectif  Mariachi à Rio de Janeiro:

D'autres manifestations à travers tous le pays sont attendues dans les prochains jours et splus spécialement les jours de match du Brésil avec les slogans #NãoVaiTerCopa et “Sem Direitos Não Vai Ter Copa” [#PasdeCoupedumonde et "Sans droits pas de coupe du monde"].

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