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Séoul dit non aux taxis privés Uber mais lance une application concurrente

Image of Seoul taxi by Mark Zastrow (CC BY NC 2.0)

Photo de taxis à Séoul, par Mark Zastrow (CC BY NC 2.0)

La municipalité de Séoul, la capitale de la Corée du sud, interdit à Uber, un réseau de taxis privés en vogue qui utilise une application mobile pour mettre en relation des passagers avec des conducteurs de véhicules, de proposer des services de location ou de covoiturage. Les autorités de Séoul disent que les règlementations locales sur l’enregistrement et l'activité de taxi rendent le modèle économique d'Uber illégal. Uber, de son côté, n'est pas resté silencieux depuis ses ennuis à Séoul. L'entreprise à récemment averti que la ville “risque de rester coincée dans le passé et de se laisser dépasser par la progression mondiale de ‘l'économie partagée’ “.

L'interdiction d'Uber à Séoul a suscité diverses réactions, à la fois dans les médias et parmi les usagers des services des taxis de la ville.

Les médias coréens conservateurs ciblent la façon dont Uber a nui à l'activité des taxis locaux et encouragé l'évasion fiscale — deux sujets autour desquels Uber et des municipalités se sont affrontés dans d'autres pays. La communauté des professionnels des technologies de Séoul, de son côté, a exprimé sa crainte que l'interdiction d'User puisse paralyser les innovations et projets d'entreprise à venir en Corée du sud.

Une exception notable à la polémique désormais familière au sujet d'Uber à Séoul est Bloter.net, un site qui rassemble journalistes et blogueurs pour traiter des informations technologiques. Bloter.net a enquêté sur la controverse Uber, considérant que ses complexités rendaient difficile l'appréhension du dossier sous le seul angle technologique ou la perspective règlementaire. Bloter.net explique que l'activité des taxis n'affecte pas uniquement les conducteurs et les entreprises de taxi existantes mais aussi de nombreux groupes d'intérêts, dont les autorités municipales, les syndicats de salariés et bien sûr les usagers. En laissant de côté les inquiétudes sur l'évasion fiscale, Bloter.net s'interroge quant à savoir si Uber est vraiment en mesure d'offrir une “économie partagée” :

하지만 우버는 국내에서만큼은 이런 혁신성을 퇴색시켰다. 불법성을 감수하면서까지 렌터카와 대리운전 기사를 운전기사 공급망으로 끌고 들어왔고, 최근들어서는 용역업체를 통해 기사를 충원하고 있다[...]무면허 택시와 유사한 행태를 보이고 있다[...] 수많은 이해관계가 얽히고설킨 택시 경제를 위협하고 있다. 택시 경제는 ‘불친절의 상징’이지만 ‘퇴직자의 마지막 탈출구’이기도 하다 [...] 임금 체계의 부조리를 담고 있어 언제 터질지 모르는 인화물질이다.

L'innovation d'Uber, en Corée du sud du moins, n'existe pas ailleurs. Malgré les problèmes de légalité, Uber a attiré des voitures de location et des conducteurs dans son bassin d'emplois et désormais il recrute même des conducteurs par le biais d'agences [...] De fait, l'entreprise s'apparente maintenant à un service de taxi illégal. [...] Uber a bousculé l'économie de la filière des taxis, empêtrée dans ses propres problèmes et groupes d'intérêts. Les taxicabs [en Corée du sud] ont mauvaise réputation en raison de leur impolitesse à l'égard des clients mais ce sont aussi des personnes à la retraite pour qui c'est “un dernier recours”. [...] Ce type de salariat construit sur de telles absurdités est une poudrière sur le point d'exploser.

Sur youngrok.com, un blogueur traitant des technologies répondait à l'article de Bloter.net, disant que les accusations à l'encontre d'Uber sont trop sévères. 

현재의 법과 상충하는 새로운 비즈니스가 등장했을 때 그 사회가 선택할 수 있는 방법은 두 가지다. 하나는 그냥 법을 그대로 두거나, 혹은 추가로 금지하는 법안을 만들어서 금지하는 것. 두번째는 새 비즈니스를 합법적으로 할 수 있도록 법을 고치고, 세금을 징수하는 것 [...] 그러니까, 우버의 합법화 논쟁에서 답해야 하는 질문은 우버가 이 세상에 해로운 비즈니스인가? 이다[...] 지금 우버가 이렇게 고객들에게 호평을 받는 것은 그동안 택시가 워낙 개떡같았기 때문이다. 택시는 이용객들도 싫어하고, 택시를 이용하지 않는 자가용 운전자도 싫어하고, 심지어 버스 승객들까지 싫어한다. 그럼 현재 택시가 이렇게 개판이고, 그 구멍을 우버가 잘 메꿔주고 있는데도 우버를 허용하면 안되는가?

Lorsqu'un entreprise apparaît et contrevient aux lois, il y a deux positions qu'une société peut adopter. D'abord, elle peut laisser les règlementations telles qu'elles sont, ou adopter une loi additionnelle pour interdire définitivement la nouvelle entreprise. La seconde option implique d'adapter la loi afin de taxer l'entreprise. [...] Ce que nous devrions nous demander c'est : “Uber nuit-il à notre société ?” [...] Les consommateurs coréens ont acclamé Uber parce que le service des taxis actuels est épouvantable. Les usagers les déteste. Les conducteurs avec leur propre voiture les déteste. Même les conducteurs de bus les déteste. Et Uber occupe de fait cet espace vacant à merveille. Donc, en considérant l'état actuel du système de taxis, pourquoi ne peut-on pas autoriser Uber ?

Les conducteurs de taxi en Corée sont eux aussi divisés au sujet d'Uber. Certains pensent que le service de taxi à Séoul, qui a une assez large couverture, est bien comme il est. D'autres disent que Uber offre un bien meilleur service que les taxis locaux. Quelle que soit l'opinion des gens, beaucoup de Coréens se sont montrés sceptiques après l'annonce d'un nouveau projet de Séoul : lancer une application propre pour trouver un taxi, qui ressemble beaucoup à Uber. Les inquiétudes sur cette nouvelle génération de taxis en Corée et le scandale Uber ont suscité beaucoup de conversations sur le système de taxi existant.

Cela peut ne pas nous satisfaire mais Uber doit respecter les lois de la Corée. Cependant, j'espère que cette controverse apportera des changement à l'écosystème des taxis du pays,  pas uniquement des applications mobiles pour taxis, mais l'écosystème en entier. Il y a beaucoup de différences entre les taxis qui pourraient coûter un peu plus cher, avec des conducteurs avenants qui vous ouvrent la porte (comme c'est le cas avec Uber), et d'autre part des voitures qui empestent la fumée de cigarette avec des conducteurs qui parlent trop.

La décision de Séoul d'interdire Uber et de créer une application mobile de substitution est franchement ridicule. Si Uber est d'une manière ou d'une autre illégal, alors je comprends la nécessité de l'interdire. Mais la municipalité crée maintenant sa propre application ? Et après ? Interdire Airbnb et lancer sa propre application pour hôtels ?

En fait, je pense que Séoul devrait davantage travailler à améliorer les conditions de travail des conducteurs de taxis et la qualité du service plutôt que de s'opposer à Uber.

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