Avec la poursuite des manifestations en faveur de la démocratie les risques d'une répression comme celle de Tiananmen planent sur Hong Kong

Thousands of protesters light up Admiralty, a business and commercial district in the city center in the evening of September 29.

Des milliers de manifestants illuminent Admiralty, quartier d'affaires et de magasins du centre-ville dans la soirée du 29 septembre.

La revue de presse sur les manifestations qui ont lieu à Hong Kong pour demander au gouverneur de la ville et à Pékin des élections démocratiques a été rédigée par Oiwan Lam et publiée en Chinois le 29 septembre 2014 sur le site inmediahk.net. Elle a été traduite en anglais par Stan Moon, membre du collectif de traducteurs HKDemoNow sur Facebook et reprise par Global Voices conformément à un accord de partage de contenus.

Témoins des abus de la police qui a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestations en faveur de la démocratie [fr], de plus en plus d'habitants de Hong Kong ont exprimé leur mécontentement et ont rejoint les rassemblements qui ont eu lieu dans les différents quartiers commerciaux, dont l'Amirauté, Causeway Bay et Mongkok. Les transports urbains sont paralysés depuis deux jours, mais les usagers gênés par la paralysie ont manifesté leur soutien aux manifestants, persuadés qu'une gêne temporaire vaut mieux que l'idée d'être dirigés à l'avenir par un mauvais président.

Chan Kin-man, l'un des organisateurs du sit-in Occupy Central, pense que la démission du Chef de l'Exécutif Leung Chun-ying est la seule solution pour résoudre la crise actuelle. Il est nécessaire de repartir à zéro pour mettre en place la réforme politique, insiste Chan lors d'une conférence de presse. L'ensemble des députés démocrates, de son côté, fait pression sur le Président du Conseil Législatif, Jasper Tsang, pour qu'il organise une commission spéciale pour inculper le Chef de l'Exécutif.

Au lendemain de la violente répression, Fanny Law, membre du Conseil exécutif, reconnaissait sur les ondes que l'action de la police était scandaleuse et que la police devrait s'expliquer devant le Conseil Exécutif.

Craintes d'un mini Tiananmen

Une autre membre du Conseil Exécutif, Regina Ip, a exprimé son total soutien à l'opération policière lors d'un autre entretien sur les ondes. Elle est persuadée que la décision de la police a été “prise en connaissance de cause” avec l'intention d'avoir “un effet dissuasif”. Interrogée précédemment par le journal en langue anglaise South China Mornig Post, elle indique que le gouvernement de Hong Kong, qui jouit d”une administration régionale spécifique par rapport à la Chine continentale, regrette qu'un boycott des cours à l'origine des manifestations puisse se transformer en un mini Tian'anmen, et risque de se terminer en répression militaire sanglante [fr], exactement comme ce qui s'est passé à Pékin lors des manifestations pour la démocratie de 1989.

Au cours de derniers mois, l'idée d'une réplique du massacre de la Place Tian'anmen s'est répandue parmi les défenseurs de l'ordre comme dans le camp de l'opposition, en particulier après l'intervention de Chen Zuo-er, fonctionnaire de Pékin et consultant important pour tout ce qui concerne les affaires de Hong Kong et Macau, qui a préconisé l'emploi de “méthodes radicales” pour agir avec fermeté contre les manifestations d'Occupy Central. On trouve aussi des articles et des photos prouvant que des véhicules blindés de l'Armée de Libération du Peuple (terme qui désigne les militaires chinois) ont été vus en ville, le soir tard, durant ces derniers mois. Le 29 septembre, le Global Times, prote-parole du parti Communiste Chinois, a publié une tribune [chinois] pour suggérer au gouvernement de Hong Kong de demander l'aide de la police armée de la Chine continentale pour en finir avec “l'insurrection”.

L'explication de Regina Ip prouve que la répression policière a été autorisée par le gouvernement de Hong Kong pour empêcher l'intervention militaire de Pékin. Alors que des politiciens pro-gouvernementaux condamnent les organisateurs des manifestations Occupy Central, qui, selon eux, ont ouvert la porte à “une répression de type mini-Tian'anmen”, ils savent parfaitement que l'intervention vient de forces extérieures à Hong Kong, mais ils ont tous peur de dire qui est derrière cette “répression mini-Tian'anmen”

La politique entre dans les salles de classe

Après l'appel aux boycotts de cours et aux grèves d'enseignement par la Fédération des Etudiants  et le Syndicat Professionnel des Enseignants de Hong Kong (HKPTU), presque toutes les institutions supérieures se sont réunies en assemblées générales pour boycotter les cours le 29 septembre. Plus d'une douzaine d'écoles secondaires ont répondu à l'appel  en organisant des assemblées générales sur les campus, dont les photos ont été partagées sur les réseaux sociaux. (inmediahk.net a réuni toute une série de photos sur le boycott des cours et la tenues des assemblées générales publiée sur Facebook.)

The Hong Kong Chinese Women's Club College has always been known as conservative with strict school rules. Although the students did not have class boycott today, they wore black T-Shirts while holding rallies to raise the awareness of the students in the playground during class break, recess and lunch break. Photo submitted by student to inmediahk.net's Facebook.

Le Hong Kong Chinese Women's Club College est connu pour être conservateur et avoir un règlement très strict. Bien que les étudiantes ne boycottent pas les cours aujourd'hui, elles portent des T-shirts noirs en signe de solidarité et pour attirer l'attention des étudiants sur les problèmes, pendant les récréations, la coupure du déjeuner et les pauses. Photo d'un étudiant pour la page Facebook d'inmediahk.net.

Le Département de l'Education a fait paraître une déclaration où il déplore l'appel à la grève du HKPTU ; de son côté, la Fédération des Personnels Educatifs de Hong Kong (HKFEW) -pro-Pékin- fait pression sur les professeurs pour qu'ils s'en tiennent à leur fonction et évitent de politiser les campus.

Certaines écoles, dont la direction est en faveur de Pékin, ont pris des dispositions pour empêcher la tenue d'assemblées ouvertes. L'école secondaire de Wong Chau Bau, par exemple, a interdit aux étudiants l'entrée à la cafétaria et à la cour de de récréation [chinois]. La nouvelle de la répression dans les écoles s'est rapidement répandue sur les réseaux sociaux et des étudiants déjà diplômés ont décidé de retourner dans leur école pour soutenir, à la grille de l'école, les élèves présents. La répression sur les campus a réussi à introduire la politique dans les salles de classe.

Les manifestations Occupy Central s'étendent aux autres quartiers

Connaught Road, Yee Wo Street, et Nathan Road dans le quartier de Mongko étaient occupés depuis plus de 48 heures le 30 septembre. De nouveaux participants ne cessent d'arriver sur les lieux pour prendre part aux sit-in. Un journaliste d'Inmediahk.net a interviewé un agent de sécurité de nuit chargé du quartier de Mongko le 29 septembre après son service. Il s'indigne: “J'ai un fusil, mais je ne tirerai jamais sur les gens !”. Des étudiants ont choisi de retourner sur les lieux de manifestation après les cours, avec en tête “Vous ne pouvez pas nous tuer tous!” — un slogan fréquemment scandé lors des récentes manifestations.

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