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Philippines : Vivre avec le VIH

Les blogs sont de plus en plus utilisés aux Philippines par des jeunes Philippins porteurs du virus VIH pour raconter leur lutte quotidienne . Ils permettent de promouvoir les échanges entre les jeunes et de sensibiliser la blogosphère aux réalités du VIH/SIDA dans le pays.

Si une personne n'est pas encore prête à parler de sa maladie, ouvrir un blog anonyme peut aider. C'est ce que Positibo007 [en anglais comme tous les liens de ce billet] a fait.

Je crée ce blog pour vous mes chers amis. Vous lirez ce blog quand le bon moment viendra, mais pour l'instant, je ne suis pas prêt à vous dire que je “le” porte.

Pour commencer, raconter l'histoire de ce qui m'est arrivé est quelque chose de  douloureux… J'ouvre ce compte le deuxième jour de ma séropositivité.

Je ne veux pas que vous vous inquiétiez. Je vais bien, je suis en bonne santé et je mène une vie normale.

Life after PUSIT a été blessé quand ses proches ont été incapables d'accepter la vérité.

Il m'a été facile d'accepter ma séropositivité. C'est la vérité. Mais cela me fait mal de voir des personnes qui me sont très proches incapables de m'accepter tel que je suis.

J'avais besoin de sa réponse. J'avais besoin d'entendre sa voix. Je voulais savoir s'il allait rester avec moi ou s'il allait continuer sa vie sans moi.

Back in the closet (de retour dans le placard) se présente ainsi:

Oui, je suis homosexuel et sans doute depuis le jour de ma naissance. Le jour des mes 21 ans, j'ai, en quelque sorte, fait mes débuts. Je l'ai annoncé à mes parents. Maman en a fait un petit drame, Papa a été indifférent.  Un coming-out moyen. Presque parfait.

Maintenant, 9 ans plus tard, deux semaines avant mes 30 ans, j'apprends que… JE SUIS SÉROPOSITIF.

Et ainsi commence mon histoire… Je suis DE RETOUR DANS LE PLACARD.

Son dernier comptage des CD4 a augmenté de neuf points.

En tant que séropositif, il est normal de procéder au comptage des CD4 tous les six mois.

Mon nombre de CD4 s'élevait à 493. Neuf points de plus. Hmm. J'étais décu. Neuf points ? Neuf misérables points? Comparé aux 156 du semestre précédent ? Pas vraiment impressionnant.

Mais si on prend en compte le fait que ces six derniers mois, certaines de mes tentatives d'affections ont échoué, que je me suis disputé avec des amis, j'ai quitté le confort de mon ancien travail, j'ai commencé un nouveau métier, j'ai lutté à cause de mon trajet journalier qui s'est allongé,  j'ai été victime d'une grave overdose d'anti-rétroviraux, et que j'ai frôlé la catastrophe à plusieurs reprises… Tout d'un coup, je pense que je m'en sors plutôt bien avec neuf points de plus. Au moins ça n'a pas baissé, d'accord ? D'abord ! Je suis heureux.

Charlie raconte sur  Manilla Gay Guy sa lutte contre le VIH.

Cela fait un an que je suis au courant de ma maladie et j'essaie toujours de mener une vie normale. J'aborde la vie d'une façon totalement différente : j'étais quelqu'un d’ optimiste et je suis devenu paranoïaque et pessimiste par moment.  Avant, je sortais beaucoup avec mes amis mais je me suis laissé aller et maintenant je me considère comme un “mort vivant”. J'ai arrêté d'essayer de faire de nouvelles rencontres par peur d'être rejeté ou critiqué à cause de ma maladie.

La lettre de Charlie a obtenu beaucoup de réponses. Ci-dessous, un conseil de James.

Charlie, je suis séropositif, lorsque je l'ai appris, nous avions les mêmes sentiments, je pensais que ma vie allait s'arrêter et que j'allais passer mon temps à attendre ma mort. Mais j'ai réalisé que nous pouvions faire beaucoup de choses dans la vie plutôt  que de s'inquiéter sur cette maladie. Donc, prenons nos médicaments religieusement, et surveillons notre comptage de CD4. Notre priorité est de mener une vie saine. Prend soin de toi, Charlie.

Une autre réponse de Art :

Avoir le VIH n'est plus une peine de mort. Je sais que ta situation n'est pas facile. Demande de l'aide aux services sociaux, cherche un groupe de soutien pour les porteurs du VIH, reste actif ! Je sais que c'est difficile mais il ne faut pas que tu passes ton temps à te morfondre. Tu as simplement besoin des médicaments et d'un bon état d'esprit. Croque la vie à pleines dents.

Après avoir appris qu'il était séropositif, Dr.Eloi a juré qu'il ferait la promotion d'un mode de vie chrétien comme outil de prévention et de sensibilisation sur le VIH/SIDA dans le monde entier.

Pendant les deux mois qui ont suivi ces terribles résultats médicaux, j'avais l'impression d'être un mort-vivant parce que j'avais choisi de continuer à travailler et de mener ma vie comme si rien ne s'était passé. Après ce moment de recueillement avec Dieu et après avoir accepté le fait que j'étais malade et que j'allais mourir dans 12-18 ans, j'ai réalisé qu'il fallait que je sois responsable de mes actions.

Maintenant, cela m'a permis d'avoir tellement de temps pour réfléchir et pour finalement tourner une nouvelle page et  faire ce grand changement dans ma vie… celui de suivre Jésus Christ.

Pinoy HIV Plus raconte comment elle a annoncé sa maladie  à sa sœur.

Je pensais à ce moment là que peut-être c'était le signe pour moi, le moment de parler de ma situation à ma “famille”. Donc, je lui ai dit. Elle a d'abord pensé que je plaisantais, mais je lui ai dit que c'était vrai et ensuite j'ai commencé à lui raconter pourquoi je savais que j'avais le virus. Elle m'a beaucoup soutenue, je lui ai demandé d'appeler mes autres sœurs pour que je puisse leur dire et elles m'ont également beaucoup soutenue. Bien sûr, elles se sont inquiétés de comment j'allais faire maintenant que j'avais ça ou si j'allais bien. Je leur ai dit que rien n'avait changé en moi, à part mon mode de vie. De leur côté, elle m'ont dit que rien n'avait changé, que je suis toujours leur sœur qu'elles connaissaient, qu'elles aimaient tant et qu'elles seront toujours là quand le moment viendra pour moi de partir…drame!

I have HIV a passé deux semaines dans un centre hospitalier gouvernemental pour recevoir des soins avec d'autres patients porteurs du virus VIH.

Je l'ai dit à mes parents et nous avons décidé d'en parler à mon cinquième frère. Il a pleuré quand il l'a appris et l'a finalement accepté. J'ai dit à mes associés que je partais en vacances pour deux semaines afin qu'ils ne me demandent pas où j'étais.

Quand nous sommes arrivés, mon docteur s'est occupé de mon enregistrement et m'a demandé de me préparer. Elle m'a présenté à mes collègues qui allait également recevoir le traitement anti-rétroviraux. J'étais snob le premier jour. Je parlais uniquement à mon frère. Je ne mangeais pas les rations de nourriture. Je demandais toujours à mon frère d'acheter notre nourriture au restaurant.

Deux semaines est une longue période de temps et je me suis rapproché des autres patients – au fait, la plupart des patients sont également homosexuels. Mes compagnons qui ont commencé à prendre le traitement et moi devenons de plus en plus proches tous les jours.

Ses nouveaux objectifs dans la vie :

Aider les autres personnes avec cette maladie et éduquer les autres sur les effets de la nouvelle bombe à retardement que nous appelons VIH/SIDA. Le gouvernement n'a simplement pas le temps de s'en occuper parce que nous avons beaucoup de problèmes mais je pense que le VIH empire à chaque seconde et à chaque minute de la journée.

The Chronicles of E souligne l'importance de la sensibilisation sur le VIH.

Quand je suis devenu séropositif, je pensais que j'étais fini. J'avais peur parce que je pensais que j'allais bientôt mourir- et tous les médicaments !  Je sais que cela coûte cher d'avoir le VIH… Je n'en ai pas les moyens ! Et non, je ne peux pas  et je n'en parlerai pas à mes parents ! Pas tout de suite ! Ce n'est que quelques jours plus tard que j'ai appris qu'il existait des ONG et des hôpitaux qui aidaient les personnes vivant avec le VIH.

Maintenant, je demande, pourquoi uniquement maintenant ? Pourquoi n'étais-je pas au courant de ça avant leVIH ? Dois-je être d'abord séropositif pour être informé de tout ça ? Maintenant, cela m'a fait réfléchir sur la sensibilisation.

Kablog! confirme qu'il existe toujours un stigmate associé au VIH aux Philippines.

Je l'ai assez dit. Je l'ai assez ressenti. Je m'en suis assez inquiété. Je pense que nous pouvons dire que tout le monde reconnait qu'il existe un stigmate autour du VIH aux Philippines.

Que diable, juste aller se faire dépister, ou même penser à se faire dépister, vous n'avez peut-être pas réalisé que vous étiez en plein dans le stigmate ? Que vont-il penser de moi ? Vont-ils me juger? Penseront-ils que je suis homosexuel ? Penseront-ils que j'ai un mode de vie dissolu ? Et ainsi de suite. C'est triste d'avoir à s'inquiéter de choses comme ça, plutôt que de reconnaitre l'importance de dépister le statut VIH de quelqu'un.

Mais j'ai réalisé que le stigmate dont souffrent ceux qui vivent avec le VIH n'est pas le même pour tous.  Pour certains, il est mauvais, pour d'autres il est pire. Ces variations de l'échelle du stigmate proviennent de choses les plus minimes, et certainement, que  le VIH soit considéré comme une maladie homosexuelle en fait partie.

D'après les données du Ministère de la santé philippin, le nombre de personnes séropositives au VIH aux Philippines a augmenté ces dernières années.

De janvier 1984 à juillet 2009, il y a eu 4021 cas de  séropositivité au VIH dépistés, dont 3024 (80%) étaient asymptomatiques et 817 (20%) étaient des cas de SIDA. La tranche d'âge était de 1-72 ans (moyenne : 32 ans). Les groupes d'âge avec le plus grand nombre de cas étaient : 25-29 ans (22%), 30-34 ans (20%), 35-39 ans (16%). 72% (2873) étaient des hommes.

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