Fermer

Faites un don pour soutenir Global Voices !

Nous couvrons 167 pays. Nous traduisons en 35 langues. Nous sommes Global Voices.

Notre réseau compte plus de 800 membres dans le monde entier et nous travaillons ensemble pour veiller sur les réseaux sociaux et publier des informations difficiles à trouver dans les médias traditionnels. Mais nous ne pouvons pas le faire tout à fait seuls. Nos auteurs et traducteurs sont bénévoles, mais nous rémunérons nos éditeurs. Nous faisons appel à vos dons pour couvrir les salaires de notre rédaction centrale, les frais techniques, la formation de nouveaux blogueurs et nos projets pour défendre les libertés numériques.Merci !

>> Dons »
GlobalVoices en En savoir plus »

Afrique : Chez Gangoueus, le blog de la littérature africaine francophone

Réassi Ouabonzi

Les prix Best of blogs 2010 organisés par la Deutsche Welle ont permis de découvrir une myriade de blogs captivants en onze langues différentes. L'un des blogs finalistes du prix du meilleur blog francophone est Chez Gangoueus. Réassi Ouabonzi  y chronique chaque livre lu depuis 2007. Livre après livre, son blog est devenu peu à peu un guide unique en ligne de la littérature noire en langue française.

GV : Pourquoi avoir choisi d'ouvrir un blog sur les livres en premier lieu ?

Adolescent, j'étais un lecteur jamais rassasié, je dévorais tout ce que je trouvais au Centre culturel français de Brazzaville (Congo), où je vivais à l'époque. Je vis en France, j'y suis né de parents congolais, mais j'ai passé la moitié de ma vie dans chaque pays, dix-huit ans en France et dix-huit ans au Congo. La littérature vous avale, et je m'étais éloigné des livres durant mes études par manque de temps. Et puis un jour, j'ai vu Beloved, le film de Jonathan Demme tiré du livre de la Prix Nobel Toni Morrison. Cela a été un tel choc que j'ai décidé de lire tous ses livres. C'est elle qui m'a ramené à la lecture.

- Pourquoi bloguez-vous sur la littérature francophone noire  ?

C'est une démarche engagée. Ce qui m'intéresse, c'est de voir comment le Noir se raconte et comment on raconte le Noir. J'ai ouvert un blog pour garder une trace de mes lectures, mais aussi, il faut bien le dire, parce que c'est quand même violent de ne pas trouver sur le web francophone de ressources sur la littérature africaine ou noire en français, à part le magazine en ligne Cultures Sud.

"Les écailles du ciel" de Tierno Monenembo

- Quelles  sont actuellement les tendances de la littérature africaine francophone ?

-  Je lis des auteurs de toute l'Afrique, des Caraïbes et des diasporas, la littérature noire en français au sens large. Mais on peut dire qu'au Congo, on remarque une nouvelle génération d'écrivains sur les traces de l'écrivain et universitaire franco-congolais Alain Mabanckou. Au Sénégal, je suis frappé par l'émergence actuelle des femmes écrivains.  Au Cameroun, ils sont très percutants.  C'est frappant de voir dans leurs livres l'énergie et ce côté direct pour lesquels les Camerounais sont bien connus. Je suis vraiment en admiration des écrivains nigérians, comme le grand Chinua Achebe. Mais ce ne sont pas les écrivains africains francophones qui manquent et qui pourraient être traduits à leur tour en anglais : Abdourahman A.Waberi pour Djibouti,  Jimi Yuma au Congo, Patrice Nganang, Leonora Miano pour le Cameroun…ils sont tous dans la liste de liens de mon blog.

"Saisons sauvages" de Kettly Mars (Haïti)

- La plupart des livres que vous présentez sont inconnus et invisibles en France.

- La littérature africaine en français a des difficultés à être publiée, mais aussi à trouver un lectorat. En Afrique même, il est difficile d'éditer, les livres sont chers et difficiles à trouver. Mais le problème est ailleurs. Nous Africains pouvons produire notre point de vue mais il faut le lire. L'Africain a du mal à lire des auteurs africains. Il cherche des références ailleurs. Mon blog permet de faire un peu connaitre livres et éditeurs, de les mettre en contact :  il reçoit environ cinq milles visites par mois, 50% viennent de France métropolitaine, 30% d'Afrique de l'ouest.

- Parfois, vous vous éloignez de l'Afrique pour lire des livres japonais ou sud-américains mais jamais de littérature française “blanche”.

"Le passé devant soi" by Gilbert Gatore

- La littérature française est trop nombriliste. On a peu de temps à vivre, faisons vite. Et la littérature française est toujours totalement aveugle au véritable problème français, celui des générations oubliées dans les banlieues.

"Trois femmes puissantes" de Marie Ndiaye,

- Vous avez appelé votre blog “Chez Gangoueus”, mais qui est Gangoueus ?

- Ngangoué est mon deuxième prénom. Vu que je me définis comme ayant une double culture, africaine et occidentale, j'ai souhaité le signaler dans mon pseudo en ajoutant le suffixe us faisant référence à Rome, comme Brutus, Octavius ou Britannicus. Gangouéus reflète bien mon identité et c'est une occasion de faire vivre mon deuxième prénom.

- Vous illustrez toujours vos chroniques d'une photo du livre, et très souvent dans les transports en commun.

- Parce que c'est là que je lis ! Le travail, c'est le travail, et je n'arrive pas à lire chez moi. Le temps passé dans les transports est donc devenu le temps que je consacre aux livres.

"Les phalènes" de Tchicaya U Tam'Si

1 commentaire

  • […] Chez Gangoueus, l'un des blogs finalistes des Prix Best of Blog 2010 dans la catégorie blogs francophones, est un blog rare, consacré à la littérature africaine publiée en français. Réassi Ouabonzi y chronique ses lectures et découvertes depuis 2007. Nous l'avons interviewé.  […]


Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

 

Régions du monde

Pays

Langues