Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Retour sur 2012 en Asie du Sud – 2e partie

Le mauvais bilan du Pakistan en matière de les droits de l'homme a empiré, le nombre croissant de viols en Inde a jeté la société dans une mutation, le Bangladesh a rejeté les réfugiés Rohingya du Myanmar, le pays relativement stable de la région - les Maldives – a connu une crise politique sans fin, et des manifestations contre la hausse des prix dans le Sri Lanka d'après guerre se sont heurtées à la brutalité policière.

2012 a été une année difficile en Asie du Sud. Et nous avons couvert le bon comme le mauvais, tout au long de l'année à Global Voices. Voici quelques temps forts de cette couverture.

La situation critique des minorités

Au Pakistan, nous avons observé l'essor d'une nouvelle vague de terrorisme se déchaîner contre les minorités. De nombreux chiites, de Karachi au Kohistan, ont été particulièrement persécutés et assassinés. Dans la province du Baloutchistan, où un mouvement séparatiste prend de l'ampleur, nous avons vu des enlèvements extrajudiciaires de nationalistes baloutches, de séparatistes et de leaders. Cette année les violences ciblant la communauté Hazara, membre de la minorité chiite [en anglais], par des groupes militants hors-la-loi ont repris au Baloutchistan. De plus, nous avons montré que, chaque jour, des personnes présentant un handicap physique ou mental font l'objet de discrimination au Pakistan.

The Hazara members were travelling by bus before the shooting attack occurred in Quetta. Image by RFE/RL RFE/RL, copyright Demotix (04/10/12).

Des Hazara voyageaient en bus avant l'attaque armée qui eut lieu à Quetta. Image by RFE/RL RFE/RL, copyright Demotix (04/10/12).

Au Bangladesh, après des accès de violence confessionnelle entre Rohingya et Arakanais dans l'Ouest du Myanmar, le gouvernement a limité l'afflux de réfugiés Rohingya traversant les frontières [en anglais]. Une action à laquelle de nombreux internautes se sont opposés évoquant des raisons humanitaraires. Des extrémistes religieux au Bangladesh attaquèrent des temples et maisons bouddhistes [en anglais] accusant un membre de cette communauté d'avoir profané le Coran. Néamnoins, plusieurs analystes y virent des motifs plus politiques [en anglais] que communautaires.

Indigenous students hold placards at a protest rally in Dhaka against the attack on the indigenous people in Rangamati. Image by Firoz Ahmed. Copyright Demotix (24/9/2012)

Étudiants de minorités ethniques brandissant des pancartes lors d'un rassemblement de protestation à Dhaka contre l'attaque contre les populations indigènes perpétrée à Rangamati. Image de Firoz Ahmed. Copyright Demotix (24/9/2012)

Au Sri Lanka, quelque 2 000 moines bouddhistes et habitants locaux organisèrent une violente protestation [en anglais] dans la ville de Dambulla, exigeant qu'une mosquée et un temple hindou situés dans une zone considérée sacrée par les bouddhistes soient démolis.

En Inde, des affrontements entre tribus indigènes Bodo et colons musulmans dans l'État d'Assam [en anglais] se sont achevés avec au moins 32 morts et de nombreux blessés. Les médias sociaux furent accusés d'avoir avivé les tensions [en anglais]. En novembre, un mariage inter-caste a enflammé une foule de 2 000 personnes qui a attaqué trois villages de Dalits dans le District de Dharmapuri dans le Tamil Nadu.

Violence envers les femmes

Un certain nombre d'ouvrières ont été enlevées et violées dans la ville de Gurgaon, située à 30 kilomètres de la capitale indienne. La réponse de la police fut de demander aux ouvrières d'arrêter de travailler après 20h pour éviter les incidents de viols, ce qui a suscité un vif débat dans les médias sociaux. En mai, la ville de Kolkata (Calcutta) a officiellement rejoint le mouvement mondial SlutWalk (‘marches des Salopes') [en anglais] pour faire campagne contre la violence envers les femmes.

Les viols se sont aussi accrus dans l'État indien d’Haryana, avec pas moins de 19 cas reportés en un mois. Suite aux viols, les femmes se sont vues conseiller d'éviter d'aller dans les pubs, d'utiliser leur téléphone portable et de porter des jeans.

Illustration by Samia Singh. CC BY-NC-ND 2.5

Illustration de Samia Singh. CC BY-NC-ND 2.5

Une jeune femme de 23 ans fut déshabillée, battue et violée dans un bus en circulation dans le sud de Delhi le 16 décembre 2012 [elle est morte entre-temps], suscitant choc et indignation en Inde. Choqués par la brutalité de l'incident, les Indiens demandent des lois plus strictes et des sanctions plus sévères pour les violences contre les femmes. Ému par ce scandale, un groupe d'activistes du Népal voisin ont entamé des protestations exigeant justice pour Sita Rai [en anglais], violée à Kathmandu.

Au Pakistan, la loi sur le blasphème a, encore une fois, été au cœur d'un intense débat, après qu'une jeune mineure chrétienne prénommée Rimsha fut accusée de blasphème et jetée en prison.

L'”Eve teasing” est devenu une maladie dans la société bangladaise à cause du silence des citoyens. Mais un blogueur s'est dressé contre un de ces incidents [en anglais] et demanda à d'autres blogueurs de l'aider à dénoncer les harceleurs.

Droits de l'Homme et manifestation

Au Pakistan, des attaques terroristes et les violences confessionnelles sont monnaie courante. Elle sont devenues si fréquentes que nous n'avons pu couvrir que quelques explosions de bombes et attaques de bases militaires [en anglais]. Karachi a vécu d'incessantes violences confessionnelles [en anglais] qui ont tué plus de 300 personnes en trois mois.

Badauds et agents de sûreté sur le lieu d'explosion d'une bombe près de Imambargah Hyder-e-Karrar dans le quartier d'Orangi Town à Karachi. Image by Owais Aslam Ali. Copyright Demotix (21/11/2012)

Plusieurs activistes des droits de l'homme furent ciblés et attaqués au Pakistan. Faisant partie de la liste sont Fareeda Kokikhel Afridi [en anglais], une inlassable activiste de premier plan, Ghazala Jawad [en anglais], chanteuse pachtoune charismatique, Malala Yosufzai, activiste pour l'éducation des femmes et Mehzar, la plus jeune victime de violence contre les chiites.

Encore au Pakistan, une foule en colère lyncha un supposé blasphémateur et le brûla vif [en anglais]. La foule s'engouffra dans la prison, sortit le supposé blasphémateur et le brûla sur place. Les vies de 240 000 enfants innocents sont en jeu à cause de la récent interdiction de la vaccination contre la polio par les talibans dans les Régions Tribales (FATA, Régions tribales fédéralement administrées). Récemment, des personnels de santé administrant des vaccins contre la polio furent assassinés.

Le meurtre brutal d'un couple de journalistes au Bangladesh a choqué la nation et l'incapacité des autorités à appréhender les tueurs a enragé les internautes. Des blogueurs organisèrent une marche pour le couple de journalistes assassiné.

Les Forces Sécurité aux Frontières Indiennes ont tué plus de 1 000 Bangladais ces dix dernières années. Pour protester contre les meurtres, des blogueurs appelèrent à une campagne de boycott des produits et services le 1er mars 2012 qui obtint beaucoup de soutien en ligne.

Le Sri Lanka d'après-guerre a connu des turbulences économiques avec la hausse des prix et l'imposition de charges supplémentaires cette année, ce qui provoqua de vastes manifestations. Des internautes protestèrent contre les brutalités policières.

Screenshot of the video showing the protest of the evictees of the Omkareshwar Dam project

Capture d'écran de la vidéo montrant la manifestation des habitants évincés par le projet de barrage à Omkareshwar

S'opposant à un barrage, 51 habitants du village de Ghongalgaon, dans le district de Khandwa de l'État indien du Madhya Pradesh lancèrent une manifestation ‘Jal Satyagraha', en se tenant dans l'eau jusqu'au cou dans un réservoir du barrage de Omkareshwar sur le fleuve Narmada.

Manifestations contre les coupures d'électricité 

Alors que l'Asie du Sud observait ‘Une heure pour la planète' en éteignant ses lumières non essentielles pendant une heure, des internautes se demandèrent si c'était une campagne appropriée pour aborder le changement climatique alors que des millions de personnes en Asie du Sud [en anglais] n'ont pas accès à l'électricité.

Installation nucléaire de Koodankulam, Tamil Nadu, Inde. Image du membre Flickr Eunheui. CC BY-NC 2.0

Des activistes anti-nucléaires et des habitants des villages du district de Tirunelveli dans le Tamil Nadu, en Inde, protestèrent contre le projet de centrale nucléaire à Kudankulam. Ils veulent que soient arrêtées les opérations [en anglais].

À Phulbari, au Bangladesh, des communautés locales se sont rassemblées pour élever leurs voix contre le projet de mine à ciel ouvert de Phulbari.

Corridors politiques

Les Maldives sont entrées dans une profonde crise politique lorsque les forces de police et quelques militaires se revoltèrent contre le gouvernement à la suite de trois semaines de manifestations citoyennes. Mohamed Nasheed, le président des Maldives bien connu comme champion du climat, fut contraint d'annoncer sa démission le 7 février. La crise prit mauvaise tournure après sa démission lorsque la police frappa brutalement et blessa ses partisans, qui manifestaient contre ce qu'ils prétendent être un coup d'État qui a écarté du pouvoir le premier président démocratiquement élu du pays.

Soldats échangeant des poignées de mains avec le public. Image de MUHA. Reproduite avec permission

En avril en Inde, un quotidien respecté annonça une tentative de coup d'État [en anglais] dans la capitale indienne. Tout le monde, du gouvernement au peuple, écarta l'histoire en première page de l'Indian Express. Les élections pour l'Assemblée Législative Indienne furent l'un des sujets les plus discutés dans la blogosphère indienne. Nous avons vu d'intéressantes nouvelles telles que le drapage de statues car elles ressemblaient au symbole d'un parti. Dans l'Uttar Pradesh, le plus grand État du pays connut un résultat inattendu qui choqua tout le monde [en anglais].

Une union religieuse de 40 différents partis sous le nom de Difa-e-Pakistan Council (DPC) [en anglais] a émergé comme représentante des partis d'extrême droite du Pakistan. En mars, Karachi (Sindh) accueillit un rassemblement massif pour l'indépendance du Sindh qui fut organisé par le Front National Longue-Vie du Sindh (JSQM – Long-Live Sindh National Front) sous le leadership de Bashir Khan Qureshi. Des internautes pakistanais exprimèrent leurs réactions sur la mort soudaine et prématurée de Bashir Khan Qureshi [en anglais] le mois suivant.

La Cour Suprême pakistanaise décida que le Premier Ministre Yusuf Raza Gilani avait été disqualifié [en anglais] déjà depuis le 26 avril, quand elle donna sa décision finale dans une affaire d'outrage, l'emprisonnant pour quelques secondes.

Art et culture

Durant la dernière décennie, des centaines de salles de cinéma [en anglais] ont été fermées au Bangladesh. Un dessin animé populaire doublé en hindi aviva les débats au Bangladesh.

Signboard of the office. Screenshot from the video The Musalman

Enseigne du bureau. Capture d'écran de la vidéo The Musalman

En Inde, The Musalman est probablement le dernier quotidien au monde écrit à la plume.

Une nouvelle émission de débats télévisés intitulée Satyamev Jayate (Seule la vérité l'emporte) présentée par l'acteur et réalisateur de Bollywood Aamir Khan débat des tabous et problèmes sociaux à sensation qui intéressent de plus en plus d'Indiens.

Nous nous sommes rafraîchi la mémoire avec des internautes pour rendre hommage au légendaire chanteur de Ghazal Mehdi Hasan [en anglais] du Pakistan, et à l'écrivain et metteur en scène Humayun Ahmed [en anglais] du Bangladesh.

Nous avons également écrit des articles sur le couronnement de Miss Népal 2012 [en anglais], les célébrations de la Nouvelle Année bengalie Pahela Baisakh (premier jour de l'été) [en anglais], le Hay Festival [en anglais] de Dhaka, le Festival de la Littérature à Karachi, une campagne sociale utilisant le théâtre de rue en Inde appelée Biennale de Kochi-Muziris [en anglais] et le premier Oscar pour le Pakistan décerné à Sharmeen Obaid Chinoy.

La 1ère partie de cet article portait un regard approfondi sur le rôle croissant des médias sociaux en Asie du Sud.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.