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Rio de Janeiro: Francisca a tout perdu parce qu'elle est sur le trajet de la future liaison Trans-ouest

Cet article, d'Andrea Dip, fait partie d'une édition spéciale #CopaPública de l'agence Pública, et a été publiée le 1er février 2013 sous le titre Minidoc: Francisca a tout perdu parce qu'elle est sur le trajet de la future liaison Trans-ouest. Tous les liens sont en portugais sauf mention contraire.

La vidéo ci-après montre le moment où, sans avis préalable, les bulldozers et les agents de la mairie de Rio sont arrivés pour démolir les maisons et les commerces de 153 familles qui vivaient dans la communauté Restinga.

Foto: Agência Pública

Photo: Agência Pública

J'ai vu une machine détruire le portail. J'ai essayé d'entrer par devant et un type qui travaillait là avec eux m'en a empêchée. Je me suis tout de suite accrochée à la chaîne, pensant qu'ils viendraient me chercher pour discuter avec moi et les autres habitants. Mais ma soeur et ma fille criaient, me demandant de sortir. Je suis rentrée dans ma maison, j'ai pris un sac de documents et je suis allée chez un de mes frères. Je suis restée en état de choc, sans m'arrêter de pleurer. Pourquoi font-ils ça? Pourquoi prennent-ils le toit de tant de gens dans le besoin?

Il est impossible de visionner la vidéo qui raconte l'histoire de Francisca de Pinho Melo sans avoir la gorge nouée.

Lancé début janvier, le mini documentaire est le deuxième de la série ” des séquelles pour nous” réalisée par l'organisation de défense des droits de l'homme Witness en partenariat avec le Comité Populaire Rio Copa e Olimpíadas. On y voit les agents de la mairie de Rio et les rouleaux compresseurs arriver sans préavis pour détruire les habitations et les commerces de 153 familles de la communauté Restinga dans la zone ouest de Rio de Janeiro. Les expulsions ont eu lieu en 2010 pour céder la place aux travaux d'élargissement de l'Avenida das Américas, dans le quartier de Recreio dos Bandeirantes, nécessaires à la réalisation du système de bus en site propre.

Foto: Agência Pública

Photo: Agência Pública

Jusqu'à présent, les montants des indemnisations reçues par les habitants sont négligeables et les commerçants n'ont reçu aucun dédommagement, malgré le Décret Municipal 20.454 de 2001 qui dispose que, dans le cas d'une expulsion d'un établissement commercial “sera offert un nouveau local commercial, une indemnisation ou l'achat d'un autre bien soumis aux mêmes critères définis pour les bâtiments d'usage résidentiel, prévus dans les projets du Service Municipal pour le Logement [SMH]“.

D'après le documentaire, 8 000 personnes ont déjà perdu leurs maisons à Rio de Janeiro depuis le début des préparatifs pour les grands événements sportifs et le dossier du Comité Populaire Rio da Copa e Olimpíadas établit qu'environ 30 000 personnes subiront des expulsions à cause de la Coupe du Monde et des Jeux Olympiques.

La fin de la menuiserie, le gagne-pain de la famille

Francisca de Pinho Melo em "Minidoc: Francisca perdeu tudo por estar no caminho da Transoeste." Agência Pública

Francisca de Pinho Melo dans “Minidoc: Francisca a tout perdu parce qu'elle est sur le trajet de la future liaison Trans-ouest.” Agência Pública

Dans la vidéo, Francisca raconte qu'elle a perdu la menuiserie dans laquelle elle travaillait avec son mari, sa fille et deux membres de sa famille et qu'il faut désormais repartir de zéro dans un autre quartier, en vendant des repas.

ça faisait environ 6 ou 7 ans que je travaillais dans la menuiserie. Nous avions un bon chiffre d'affaires, qui nous permettait de subvenir à nos besoins. Quand cela est arrivé, on est restés environ 3 mois sans rien gagner, mais on continuait à dépenser. On a dû devenir locataires. Le plus difficile, c'est les enfants, c'est difficile de voir un enfant demander. Mes amis, la famille, les voisins nous ont donné une porte et un comptoir et maintenant je vends des repas, des sandwichs, des boissons fraîches. J'arrive à travailler 18 heures par jour.

 

Francisca, qui, en plus de sa maison, a perdu un travail et une source de revenus, a dit à Copa Pública qu'elle continue à lutter grâce à une aide juridique gratuite afin d'obtenir une indemnisation juste pour la perte de la menuiserie- pour la maison, elle doit accepter la valeur symbolique de 3 800 reais [environ 1 400 euros] offerte par la mairie :

J'ai tout perdu, ma maison, mon travail, la source de revenus de ma famille. Le pire, c'est pour ceux qui habitaient et travaillaient au même endroit et qui n'ont rien reçu.

Regardez la vidéo (en portugais, sous-titres en anglais)

Découvrez l'histoire de Elisângela dans le premier documentaire de la série.

Pour entrer en contact avec la Commission des Habitants Touchés par le Trans-Ouest, écrivez à atingidos@gmail.com

Le blog #CopaPública est une expérience de journalisme citoyen qui montre comment la population brésilienne est affectée par les préparatifs de la Coupe du Monde 2014 – et comment elle s'organise pour ne pas être laissée de côté.

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