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Journée de l'environnement: “Arrêtons de polluer sous prétexte de bâtir”

 

Cette année encore la communauté internationale a multiplié les évènements pour attirer l'attention des humains sur les dégâts et les risques qu'ils font courir à la planète par leurs comportements, à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement (JME), célébré le 5 juin.

Le thème rassembleur autour duquel la JME a été célébrée était “Elevez votre voix, pas le niveau de la mer“. En Afrique, du nord au sud, aussi bien des états continentaux qu'insulaires sont sérieusement menacés par les changements climatiques. C'est pour cela que les publications de billets et les initiatives ont été nombreuses pour contribuer à rendre aussi bien les décideurs que les populations plus conscientes des dangers qui menacent l'humanité et les responsabilités de chaque habitant de la terre.

Le blog newsmada.com a publié un billet signé Arch dans lequel on peut lire:

Avec le développement des villes côtières en Afrique et en Asie, les plus pauvres de leurs résidents sont pour la plupart rejetés aux confins des zones habitables, là où les conséquences du changement climatique entraînent les plus grands dangers.

En Afrique subsaharienne, les chercheurs ont identifié la question de la sécurité alimentaire comme le défi suprême, en raison des risques de sécheresse et d’inondation et sous l’effet de la modification des régimes de précipitations. Avec un réchauffement de 1,5 à 2 °C, sécheresse et aridité rendront entre 40 et 80 % des terres agricoles impropres à la culture du maïs, du millet et du sorgho à l’horizon 2030-2040.

C'est justement ce lien entre autosuffisance alimentaire et changement climatique que Raphael KAFANDO analyse en rapportant le concept d’économie verte aux réalités de son pays, le Burkina Faso, et se demande sur le blog cnpress-zongo.ning.com:

Dans un Etat où l’autosuffisance alimentaire reste une priorité, où l’industrie reste embryonnaire et que l’Etat veut à tout prix attirer les investisseurs, l’environnement est-il la première préoccupation ? ? Dans un pays où le boom minier est considéré comme une aubaine inespérée et où l’objectif est de donner du travail aux chômeurs sans forcément tenir compte de la pollution de ces industries, peut-on vraiment parler d’économie verte ?

Mamadou BALLO annonce dans un billet sur maliweb.net le Lancement au Mali de la quinzaine de l’environnement:

Elevez votre voix, pas le niveau de la Mer » « Les terres appartiennent aux générations futures“. A l'évènement ont participé le Premier ministre en compagnie de plusieurs ministres dont les activités ont trait à l'environnement, ainsi que des représentants de la société civile et les responsables religieux.

Julien DEMBELE, étudiant au Sénégal a écrit sur son blog un vibrant hommage à l'ancien vice-président des États-Unis Al Gore pour avoir engagé une lutte personnelle en faveur de l’environnement. Il a écrit un autre billet intitulé Tops 10 des raisons de protéger l’environnement où il mentionne:

Un environnement sain égal une santé assurée : Les conditions de l’environnement jouent un rôle important dans l’état de santé des populations. En 2003, l’OMS a rapporté que 21% des maladies de l’homme étaient directement liés à l’environnement. Trois facteurs principaux ont été identifiés comme responsables de près des trois quarts des maladies dues à l’environnement. Il s’agit de – l’eau, l’assainissement et l’hygiène ; – la pollution de l’air domestique ; – les traumatismes d’origine physique. Des actions sur ces trois facteurs permettront une réduction importante des maladies liées directement à l’environnement, ainsi que sur d’autres qui le sont indirectement.

Preuve de prise de conscience du problème de l'environnement, il a aussi écrit une lettre de protestation au Directeur de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS-Télévision), suite à la publicité d'un insecticide qu'il juge dangereux pour les êtres humains aussi.

La chanteuse et militante mauritanienne  pour les droits humains Malouma a consacré un vidéo clip à la JME dont le texte a été illustré par Frédéric Bacuez et publiée sur ornithondar.blogspot.fr. Elle y chante:

Arrêtons de massacrer Arrêtons de polluer Sous prétexte de bâtir Y aura-t-il un sauveur ? Le ciel, votre protecteur Et la terre, votre mère Les plantes vos soeurs Et l'eau votre source Eh compagnons ! Protégez la nature

Capture d'écran du vidéo clip de la chanson de Malouma "Tous responsables"

Capture d'écran du vidéo clip de la chanson de Malouma “Tous responsables”

Le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC), une initiative lancée par l'ancien Secrétaire d'état américain Colin Powell, en 2002, publie au cours de l'année de nombreuses études et articles sur l'environnement. Dans un billet, Dr Denis Sonwa analyse les difficultés à concilier sauvegarde du patrimoine forestier et les nécessités du développent sur le portail du PFBC:

Contrairement aux perceptions dans le monde développé, le développement et la conservation ont été perçus comme antagonistes dans les pays en voie de développement. La forêt et la production agricole intensive semblent être incompatibles. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, certaines des conditions (éloignement, faible niveau de financement et d’investissement dans le secteur agricole, peu d’exploitation minière, faible consommation énergétique par ménage, etc.), qui ont contribué au maintien de la biodiversité et au stockage du carbone forestier en Afrique centrale, changeront dans un avenir proche, avec un risque d’augmenter la déforestation. Sans forte volonté et sans changement en profondeur, consistant à aller au-delà du secteur de la biodiversité pour la sauver, les efforts actuels risquent d’être vaines. Il est difficile de croire que le bassin du Congo sera sauvé par la manière dont la CDB et la CCNUCC sont mises en œuvre.

L’UNEP fait savoir que la JME 2013 avait été traité dans 200 000 blogs et plus de 26 000 articles entre le 1er et 10 juin 2013 uniquement et que les vidéos qu'elle avait produites sur la JME ont été vues par près de 120 millions de personnes sur des écrans numériques au Times Square de New York, au Piccadilly de Londres et à Live Windows (magasins Benetton) à Milan, Londres, Munich, Barcelone et Almaty. Sur les médias sociaux, parmi les 200 millions d’utilisateurs actifs de Twitter, la JME était parmi les 10 sujets les plus discutés dans 15 pays au moins le 5 juin, avec 47,6 millions d’impressions le jour même.

Toute cette diffusion d'informations est une preuve que les humains commencent à prendre conscience de l'importance de l'environnement. Mais cela ne veut pas dire nécessairement qu'ils soient prêts à sacrifier certaines de leurs mauvais comportements pour un futur plus serein.

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